Égalité

Pour les syndicats, «le 14 juin n’était que le début»

Un mois après la grève historique des femmes, les principaux syndicats suisses exigent des mesures concrètes: égalité salariale, congé parental, lutte contre le harcèlement sexuel

C’est à deux pas du Palais fédéral et de la «Care-Arbeit Strasse» (ndlr: renommée ainsi le jour de la grève des femmes en l’honneur des travailleuses sociales) que les représentantes des principaux syndicats suisses ont présenté leurs revendications pour une avancée en matière d’égalité. Placées sous le slogan «Salaire, Temps, Respect!», ces dernières visent la concrétisation des revendications de la journée «historique» de mobilisation du 14 juin.

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La première priorité des syndicats demeure l’égalité salariale. Vania Alleva, la présidente d’Unia, rappelle que les femmes reçoivent mensuellement 657 francs de moins que leurs collègues masculins. Son organisation exige des salaires minimaux de 4000 francs par mois, notamment dans les professions majoritairement féminines. Du côté du Syndicat des services publics (SSP), la présidente Katharina Prelicz-Huber revendique un «degré de tolérance zéro en cas d’inégalité salariale pour la même fonction». Le SSP lancera une campagne en automne prochain, souhaitant que les employeurs publics deviennent «des modèles d’égalité».

Congé parental demandé

Les revendications portent également sur les questions de temps de travail. Les représentantes des syndicats qualifient la décision de congé paternité de 2 semaines du Conseil des Etats de «mini-avancée». Elles visent bien plus haut: un congé maternité de 18 semaines et un congé paternité de 8 semaines. Barbara Spalinger, vice-présidente du Syndicat du personnel des transports (SEV), parle même d’un congé parental de 38 semaines, à la suédoise, partagé entre les parents.

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Pour Michela Bovolenta, coprésidente de la Commission des femmes de l’Union syndicale suisse (USS), il s’agit aussi de lutter contre une «flexibilisation du travail». Elle s’indigne de la volonté du Conseil fédéral d’augmenter l’âge de la retraite des femmes à 65 ans. Son syndicat crie au «pseudo-égalitarisme», considérant que les rentes des femmes s’écartent largement de celles des hommes.

Tolérance zéro contre le harcèlement

Finalement, les syndicalistes souhaitent en terminer avec le harcèlement sexuel et la discrimination. Si la Loi sur l’égalité entre femmes et hommes assure une protection législative, elle n’est pas accompagnée de mesures concrètes, comme l’indique Patrizia Mordini, représentante de Syndicom. Elle préconise le principe de tolérance zéro, ainsi que différentes mesures: règlements d’entreprise, bureaux de médiation internes et sensibilisation des cadres dirigeants.

Ces revendications et de nombreuses autres seront mises sur la table à l’automne dans le cadre des négociations salariales et de CCT dans les différentes branches. Vania Alleva estime que «maintenant, c’est aux patrons de bouger, sinon, les femmes continueront à se mobiliser». Et n’exclut pas, le cas échéant, de nouvelles manifestations.

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