Alors que le ministre de l’Economie, Johann Schneider-Ammann, insiste sur la persistance d’un climat d’incertitude ces prochaines années, les syndicats réclament des hausses de salaires en 2012. Mercredi à Berne, Travail. Suisse, et ses fédérations affiliées Syna, Transfair et Hotel & Gastronomie, ont revendiqué des augmentations de 1,5 à 3% selon les branches. «Depuis deux ans, l’économie suisse connaît une croissance solide», insiste l’organisation, qui veut compenser la perte du pouvoir d’achat des ménages consécutive notamment à la hausse des primes maladie de 6,5% en 2011.

«Transparence»

Mais comment justifier ces hausses alors que les entreprises traversent précisément des difficultés? Selon Arno Kerst, le vice-président de Syna, la faîtière tiendra compte des difficultés de chaque branche et de chaque employeur lors des négociations. «Pour autant que ces derniers fassent montre de transparence.» Car si les entreprises exportatrices souffrent de la crise du franc fort, note-t-il, ce n’est pas le cas des branches du marché intérieur. «Nous n’accepterons pas que les branches qui ne sont pas concernées invoquent le franc fort. Certaines entreprises, comme Novartis ou Georg Fischer à Schaffhouse, qui a renoué avec les chiffres noirs, se portent bien.»

Eric Dubuis, membre de la direction de Hotel & Gastro Union, renchérit: «Nous demandons simplement l’application de la Convention collective négociée il y a trois ans et entrée en vigueur en 2010. Nous avions accepté de repousser l’entrée en vigueur de la nouvelle grille salariale à 2012, au vu des difficultés que traversaient les employeurs.»

Les revendications de Travail. Suisse ne sont pas du goût des libéraux-radicaux: «Alors que les entreprises exportatrices font face aux défis du franc fort, écrit le PLR, ce syndicat ne craint pas d’augmenter les risques de délocalisation en proposant d’élever les charges des entreprises.» «La solution de Travail. Suisse, poursuit le parti, est tout simplement dangereuse et irresponsable.»