L'année 2006 sera celle du retour aux sources pour les syndicats. Après des mois passés à batailler sur le terrain politique pour l'extension de la libre circulation des personnes ou à récolter des signatures pour ses référendums et initiative, l'Union syndicale suisse (USS) a les mains libres pour empoigner la problématique des salaires et veiller à ce que les mesures d'accompagnement soient appliquées.

«Pour une fois depuis longtemps nous n'avons pas de campagne référendaire propre à mener. Nous aurons l'occasion de nous concentrer sur le terrain syndical», confie Paul Rechsteiner, président de l'USS. Une pause politique qui permettra aux syndicats de regagner la mêlée des partenaires sociaux pour réclamer de meilleures conditions salariales.

Des hausses pour tous

«Ces dernières années, nous avons dû mener des négociations plus tranquilles à cause de la crise», admet Serge Gaillard, premier secrétaire de l'USS. «Mais aujourd'hui, tous les travailleurs et travailleuses doivent pouvoir profiter de l'augmentation de la productivité et de la reprise économique sous la forme de hausses réelles des salaires», estime-t-il. L'USS veut mettre fin à la tendance des années passées durant lesquelles les cadres supérieurs et les dirigeants étaient les seuls à voir leur paie gonfler en début d'année. Elle jouera donc une carte offensive en menant une campagne salariale commune à tous ses syndicats. «Les fédérations se réuniront pour fixer les objectifs. Et nous en ferons davantage la publicité pour augmenter la pression sur le patronat», explique encore Serge Gaillard.

Parallèlement à ce coup de fouet qu'elle veut donner à l'évolution des salaires, l'union syndicale jouera les garde-fous pour que les cantons et les branches appliquent les mesures d'accompagnement à la libre circulation. «On nous a promis 150 inspecteurs et il faudra s'assurer qu'on ne compte pas à ce titre les personnes qui répondent au téléphone dans un bureau. Il faudra aussi que nous fixions des domaines prioritaires au niveau des contrôles, comme l'agriculture, la vente de détail ou les transports où les abus sont nombreux», souligne Serge Gaillard. La vigilance affichée de l'USS est exacerbée par le fait que ces mesures d'accompagnement fournissent de nouvelles armes aux syndicats. Pour les branches ne disposant pas de contrat collectif de travail, ils pourront exiger des salaires minimaux par le biais de contrats types, s'il y a pression sur les salaires.

Relancer l'emploi

Outre ces priorités, l'USS croule sous les projets qu'elle souhaite mener à bien en 2006. «Il faut stopper la politique d'exclusion des travailleurs et relancer l'emploi», déclare son président. Comment? En créant 10000 places d'apprentissage, en forçant les milieux économiques à pratiquer le plein-emploi et en permettant à tous les Suisses de choisir l'âge de leur retraite, prescrivent les syndicalistes. L'initiative de l'USS «pour un âge de la retraite flexible» est d'ailleurs à bout touchant.