La sécurité de la raffinerie inquiète les syndicats

Tamoil La direction locale, qui connaît le site valaisan, ne participe pas aux discussions

Cette fois, les employés de la raffinerie ont cadenassé les portes qui permettaient à la direction d’entrer dans la salle des négociations à la dérobée. La délégation d’avocats et de représentants de Tamoil Suisse et d’Oilinvest a été contrainte de traverser la foule, sous les huées, pour assister à la séance de conciliation jeudi matin.

L’objectif des syndicats était de faire le point après la rencontre de mardi entre l’Etat du Valais et Tamoil. «L’une de nos plus grandes inquiétudes, c’est l’absence de garantie de sécurité pour le site et pour les employés, qui travaillent déjà en flux tendu à cause de nombreux congés maladie et de jours de congé à prendre», explique Patrik Chabbey, secrétaire général des Syndicats chrétiens interprofessionnels du Valais. «L’organisation des licenciements prévus en février, puis en mars, nous fait craindre de vrais problèmes à ce niveau-là», poursuit-il. La direction de la raffinerie est la seule à connaître vraiment la raffinerie et ses impératifs de fonctionnement. Mais le directeur italien, Pierluigi Colombo, et son adjoint français, Franck Topin, ne participent pas aux discussions. Selon les informations du Temps, ce dernier a d’ailleurs rejoint ces jours-ci le camp des employés.

La séance a permis de clarifier le périmètre industriel mis en vente. Mardi, il apparaissait que seule la raffinerie était concernée. La direction de Tamoil a précisé aux syndicats que le site de stockage de Collombey, la gare et le site de stockage d’Aigle y étaient intégrés. «Cet ensemble rend la mariée un peu plus sexy, même s’il semble que la recherche d’un repreneur sera très difficile», estime Patrik Chabbey. «En ce sens, nous avons demandé que Tamoil renonce à prononcer des licenciements tant que le délai pour trouver un acheteur n’est pas écoulé. Mais la direction a refusé.»

L’Etat du Valais a aussi tenté de durcir le ton face au groupe pétrolier. Il demande à Tamoil d’allonger le délai pour lui proposer une offre d’achat à la fin avril plutôt qu’au 31 mars. Il demande aussi un planning de l’engagement du personnel et une analyse de risque indépendante pour le cas où la raffinerie devrait tout de même être arrêtée. Il a encore décidé d’envoyer une délégation sur le site de Tamoil à Crémone, en Italie, où le groupe a mis une raffinerie à l’arrêt provisoire depuis plusieurs années, afin de «réunir toutes les informations utiles au site de Collombey».