Comme le dit un pro-verbe juif, «Dieu aime les pauvres et donne aux riches». Les Romands ont ainsi parfois l'impression que Moritz Leuenberger aime Genève, mais continue de donner à Zurich. Quoique sur la pauvreté de Genève…

Une fois les sentiments exprimés dans l'affaire de la douane-poste de Montbrillant, il faudra revenir à la raison. Or, tout en ménageant leur opinion publique, les milieux politiques et économiques genevois admettent du bout des lèvres qu'il est difficile d'exiger de La Poste le maintien des deux structures douanières du centre-ville et de l'aéroport. Toute la tactique, dans laquelle les échéances électorales ne sont pas étrangères, consiste donc à faire beaucoup de vent pour se satisfaire finalement des garanties que La Poste voudra bien donner sur le maintien d'une plate-forme logistique à Cointrin. Dans les têtes, Montbrillant est déjà fermée.

Reste que Genève vit aujourd'hui avec le syndrome Swissair. Lors du transfert sur Kloten de ses lignes intercontinentales par la compagnie nationale, on n'avait pas imaginé la disparition en cascade des services qui leur étaient liés. Montbrillant n'est que la tentative de mettre fin à la chute des dominos. Ensuite, il faudra reconstruire. Cela nécessite bien plus d'imagination et de persévérance que pour donner de la voix.