Genève

Le système de santé genevois ne fonctionnera pas sans aide extérieure

Selon les projections des autorités pour 2016-2019, entre 450 et 800 nouveaux professionnels de santé devraient être formés chaque année pour répondre à l'évolution des besoins d'une population vieillissante

Le département de l’emploi, des affaires sociales et la santé (DEAS) a dévoilé à l’instant son rapport cantonal de planification sanitaire 2016-2019. Fondé sur plusieurs scénarios démographiques, ce document doit permettre au canton d’orienter sa politique pour les prochaines années et lui permettre de répondre à l’évolution des besoins de la population genevoise.

Le vieillissement: principale contrainte

Une population vieillissante à en croire les projections: «Quel que soit le scénario démographique retenu, le nombre de personnes âgées de plus de 80 ans augmente quatre fois plus vite que la population générale. Au total, entre 2010 et 2020, le nombre de personnes âgées de 80 ans et plus aura augmenté d’environ 32%», avancent les autorités qui considèrent ce vieillissement comme «la principale contrainte à laquelle le système de santé genevois» devra s’adapter.

Cet accroissement de la population âgée conduit mécaniquement à une augmentation des besoins en prestations dans les domaines de la réadaptation, de la gériatrie et des soins à domicile. Sur ces trois prochaines années, le DEAS estime qu’il lui faudra trouver 476 chambres supplémentaires dans des immeubles avec encadrement pour personnes âgées. Si le canton prévoit la construction de 734 lits sur cette période, il se veut toutefois prudent, n’étant pas «certain que tous les projets aboutissent».

Plus compliqué encore, le DEAS devra former «entre 450 et 800 nouveaux professionnels de santé chaque année» pour répondre aux besoins. Les autorités le reconnaissent: favoriser la formation et développer des stratégies d’engagement ne suffiront pas à combler ce besoin en personnel.

Repousser l’hospitalisation

À l’horizon 2019, 161 lits d’hôpital supplémentaires seraient nécessaires dans le canton. Mais, précise le rapport, ce besoin pourrait être réduit à 83 lits, «sous condition de développer des alternatives à l’hôpital, notamment en renforçant l’aide et les soins à domicile ainsi que les structures intermédiaires» tels que les foyers ou les unités d’accueil temporaire.

Que dire du nombre de places disponibles dans les établissements médico-sociaux? «Si la poursuite du développement de structures d’accueil alternatives et l’augmentation de l’aide et des soins à domicile pourront encore limiter l’augmentation du besoin en lits d’EMS pendant quelques années, il faut cependant anticiper dès maintenant une augmentation plus rapide des besoins dès 2019, nécessitant la création et la mise en exploitation de nouveau EMS.»

Tous secteurs confondus, le département de la Santé planifie une forte augmentation du nombre d’urgences pré-hospitalières. Le nombre de missions annuelles en 2019 devrait se situer entre 31 000 et 32 000, soit un accroissement de 16% par rapport à 2014. Pour y faire face, la centrale d’appels – le 144 – sera modernisée et le nombre d’ambulances devra progressivement être renforcé pour atteindre, à l’horizon 2019, 17 unités la journée et 15 unités sur la tranche horaire 15 h-23h.

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