La loi sur le tabagisme passif, adoptée vendredi en votations finale par 105 voix contre 61 et 23 abstentions au Conseil national et par 31 voix contre 9 et 3 abstentions au Conseil des Etats, ne satisfait pas les organisations intéressées. Celles des hôteliers-restaurateurs prédisent des baisses de chiffres d'affaires. La Ligue pulmonaire examine quant à elle la possibilité de lancer une initiative populaire.

Selon les associations faîtières qui défendent les intérêts des cafés, des restaurants et des hôtels, la loi sur le tabagisme passif, qui pose une interdiction de principe dans les espaces publics, restreint trop la liberté d'action des hôteliers-restaurateurs. Très peu d'établissements vont pouvoir profiter du compromis élaboré par les Chambres.

«Occasion ratée»

Et l'hôtellerie-restauration sera à l'avenir confrontée à des baisses de chiffres d'affaires considérables, ont indiqué vendredi GastroSuisse, Hotelleriesuisse et l'Union des arts et métiers (USAM). Le parlement a décidé jeudi que les établissements de moins de 80 m² pourront rester fumeurs.

Les trois associations regrettent par ailleurs que les cantons puissent édicter des dispositions plus restrictives que celles prévues par cette loi. Elles auraient souhaité une solution nationale homogène.

Pour la Ligue pulmonaire suisse, le parlement a raté l'occasion d'édicter à l'échelon national une protection uniforme et efficace contre le tabagisme passif. «Cette loi fédérale diluée créera des distorsions de la concurrence, de la bureaucratie et sa mise en œuvre posera des problèmes», a écrit vendredi la Ligue pulmonaire.

L'organisation doit maintenant décider s'il convient ou non de lancer une initiative populaire pour la protection contre le tabagisme passif. D'ici là, elle continuera à s'engager en faveur de réglementations cantonales en la matière.