Cigarette

Tabagisme: un rapport d’experts en forme de réquisitoire

Une commission fédérale critique sévèrement le manque de stratégie nationale en matière de prévention du tabagisme. Elle recommande aussi de taxer les nouvelles cigarettes électroniques et d’interdire leur publicité

C’est son chant du cygne. Dissoute à la fin de l’année, la Commission fédérale pour la prévention du tabagisme publie un document d’une quinzaine de pages qui ressemble fort à un réquisitoire concernant la politique nationale en la matière. «Il n’y a pas de stratégie cohérente entre les divers départements fédéraux qui sont touchés par ce problème. C’est grave», résume sa présidente, Lucrezia Meier-Schatz.

Au sein de l’administration fédérale, la lutte est inégale. D’un côté, trois acteurs qui se font les avocats de l’industrie du tabac: le Département de l’économie, qui ne peut oublier qu’elle contribue à raison de 1% au PIB, soit pour 6,3 milliards de francs; le Département des finances, qui encaisse la taxe sur le tabac; et désormais aussi le Département des affaires étrangères, qui a envisagé un partenariat avec Philip Morris pour financer son pavillon à la prochaine Exposition universelle à Dubaï, avant de devoir y renoncer sous la pression des milieux de la santé.