Santé

Tabous, les problèmes psychiques affectent un Suisse sur cinq

À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, la fondation Pro Mente met en avant une étude selon laquelle un cinquième des Suisses souffre de problèmes psychiques. Une vaste majorité estime par ailleurs que ceux-ci sont stigmatisants  

Un Suisse sur cinq souffre actuellement de problèmes psychiques, selon une étude de la fondation Pro Mente Sana réalisée à l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale. Mais le sujet reste tabou.

«Il faut déstigmatiser les troubles psychiques», a exhorté mercredi à Zurich Heidi Hanselmann, ministre st-galloise de la santé et présidente du conseil de fondation de Promotion Santé Suisse. «Ces problèmes peuvent toucher tout le monde», a-t-elle souligné lors de la présentation des résultats de l’étude sur la santé psychique des Suisses financée par Pro Mente Sana.

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A la question générale «Comment ça va?», 12% des sondés répondent «pas très bien» ou «mal», selon l’enquête. Mais un cinquième dit se trouver «actuellement» dans une situation de mal-être émotionnel prolongée. «Cela montre que lorsque l’on creuse, on se rend compte que la réalité est moins rose qu’elle ne paraît», explique Roger Staub, directeur de Pro Mente Sana.

Difficile d’en parler

Bien qu’il soit particulièrement important pour les personnes affectées de pouvoir en parler, le sujet reste tabou: 60% des personnes interrogées jugent que la santé psychique n’est pas un thème dont on parle ouvertement en Suisse, contre seulement 3% qui pensent l’inverse. Or «être pris au sérieux» et «être écouté» sont les voeux principaux des individus concernés.

«Les jeunes craignent tout particulièrement d’être considérés comme non performants, fragiles et faibles s’ils font part à leur entourage de problèmes psychiques», note Michael Hermann, directeur de l’institut Sotomo, qui a réalisé le sondage pour le compte de Pro Mente Sana.

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Campagne de sensibilisation

Pour mieux sensibiliser la population et encourager les Suisses à parler de santé psychique, une campagne nationale a été lancée mercredi. Elle doit durer quatre ans.

En Suisse romande, elle est coordonnée par la Conférence latine des affaires sanitaires et sociales (CLASS), en partenariat avec la Coraasp, qui regroupe plus d’une vingtaine d’organisations dans le domaine de la santé psychique.

L’étude a été réalisée en ligne entre le 14 et le 27 septembre 2018. Plus de 5500 personnes de Suisse romande et de Suisse alémanique y ont pris part.

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