Le Tactilo, machine à sous ou loterie électronique? Pour l'heure, on attend la décision du Tribunal fédéral administratif saisi d'un recours de la Loterie Romande (LoRo) contre l'interdiction décrétée en 2007 à son encontre par la Commission fédérale des casinos. Cette dernière veut cantonner l'engin dans les enceintes des maisons de jeu. L'enjeu est de taille, car les 700 machines à Tactilo éparpillées dans les cantons romands assurent un tiers des revenus de la Loterie. Revenus qui sont ensuite distribués à des associations d'utilité publique, comme le prescrit la Lloi fédérale sur les loteries de 1923.

La dépendance fait aussi discuter. Personne ne nie le phénomène. Des recherches épidémiologiques, notamment canadiennes, montrent que les loteries électroniques du genre «Tactilo» peuvent contribuer à la dépendance aux jeux chez certaines personnes. En revanche, il est impossible de dire si celui-ci y contribue davantage que d'autres formes de jeux, notamment de type machines à sous traditionnelles, ou encore des offres de jeux d'argent online. Faute de recherche comparative, indique Olivier Simon, médecin associé au Centre du jeu excessif du CHUV. En tout état de cause la LoRo a mis en place des garde-fous, des «modérateurs», histoire de limiter les risques d'un amour exagéré pour le Tactilo.

Or les loteries suisses consacrent 0,5% de leur produit brut à la prévention. Mais ce montant ne prend pas explicitement en considération le financement de la recherche, que ce soit sur les jeux eux-mêmes ou sur les programmes de prévention. Le CHUV estime plutôt qu'il faudrait prélever 2% afin de disposer des ressources nécessaires. Le 0,5% actuel reste modeste en comparaison internationale, notamment avec le Canada, ou jusqu'à 2,5% sont consacrés à cet effort, précise encore Olivier Simon.