Tamoil campe sur ses positions

Valais L’entreprise a refusé le chômage technique proposé par l’Etat

L’Etat du Valais rencontrait mardi après-midi une délégation de Tamoil Suisse SA et du groupe propriétaire Oilinvest pour discuter de l’avenir de la raffinerie de Collombey. Tamoil a annoncé, il y a deux semaines, sa décision d’interrompre la production de la raffinerie et de licencier l’ensemble des 238 employés.

La rencontre a porté sur la possibilité d’avoir recours au chômage technique pour bénéficier d’un délai supplémentaire dans la recherche d’un repreneur et éviter les licenciements. Après trois heures de discussion, les représentants de l’Etat du Valais ont répondu à la presse, les traits tirés. «Tamoil n’envisage pas de recourir au chômage technique», a annoncé le ministre Jean-Michel Cina. Cela impliquerait de nouveaux délais de licenciement au terme de la période de chômage et donc des coûts à charge de l’entreprise. L’Etat a uniquement obtenu que Tamoil fournisse les informations techniques nécessaires à la recherche d’un repreneur. Avec un délai au 31 mars 2015 pour présenter une offre ferme d’achat.

Stations-service en jeu

L’entreprise a cherché elle-même à vendre la raffinerie de Collombey et ses stations-service en 2014. Sans succès, malgré des négociations avec une quinzaine d’entreprises de la branche. Désormais, Tamoil n’entend plus vendre ses stations-service mais uniquement la raffinerie, qui fonctionne à perte. L’entreprise dit avoir perdu 130 millions en 2014. «Ce projet de vente n’est pas réaliste alors que Tamoil n’a pas trouvé de repreneur pour le site de Collombey avec des collaborateurs qualifiés et un réseau de distribution», estime Blaise Carron, secrétaire général du syndicat Unia. «Nous appelons l’aide de toutes les personnes qui pourraient convaincre Tamoil de vendre aussi ses stations-service», poursuit-il.

«C’est un défi difficile que de trouver un acheteur dans ces conditions», reconnaît Jean-Michel Cina. «Mais nous sommes en contact avec des groupes qui pourraient être intéressés. Leur profil pourrait être celui d’un producteur de pétrole qui cherche un accès au marché européen ou une société de trading qui dispose de moyens de stockage des produits et pour qui l’accès à un outil de production permet de prendre davantage de risque sur le marché spéculatif.» Un acheteur que l’entreprise reste libre de refuser si elle le souhaite. «Mais, si tel devait être le cas, Tamoil s’est engagé à justifier sa décision de manière transparente», précise Jean-Michel Cina. Les négociations du plan social se poursuivront dans un climat très difficile, promet Blaise Carron, affirmant que les employés sont scandalisés par l’attitude de Tamoil.