Chef de la section des sites pollués de l’Etat du Valais, Yves Degoumois semble soulagé: «Les collectivités publiques n’auront pas à assumer ces montants». Tamoil garantit 5,5 millions de francs pour assurer les mesures d’assainissement et de surveillance de la raffinerie de Collombey, qui a cessé ses activités en mars 2015. Signée ce mercredi, la convention met fin à une procédure judiciaire initiée en avril dernier et pendante devant le Tribunal fédéral. Jusqu’ici, le pétrolier s’opposait à l’obligation de présenter des garanties financières.

Pour la première fois, Tamoil signe un accord sans avoir perdu au Tribunal fédéral

Président de Collombey-Muraz, Yannick Buttet retient que «pour la première fois, Tamoil signe un accord sans avoir perdu au Tribunal fédéral». Le conseiller national démocrate-chrétien espère que cette «nouvelle attitude» ne se limitera pas à cette seule convention. Sur la base d’une loi adoptée par le parlement valaisan en 2015, il négocie une seconde garantie, pour financer le démantèlement des installations. En attendant les conclusions de l’expert mandaté par la commune, prévues pour la fin novembre, tout indique que les 22 millions de francs initialement exigés seront corrigés à la baisse.

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Curieusement, ces montants sont très inférieurs aux chiffres avancés par l’Etat du Valais il y a un peu plus d’une année. En octobre 2015, le Service de la protection de l’environnement estimait le démontage de la raffinerie et l’assainissement de ses sols à une somme globale oscillant entre 60 et 75 millions de francs. Yves Degoumois concède que ces premières évaluations étaient exagérées: «Nos experts n’avaient pas encore eu accès au site et nos hypothèses correspondaient à notre connaissance de la situation à ce moment précis».

Pollutions plus limitées que prévu

Dans l’intervalle, Tamoil a remis un rapport d’investigation de détail, puis un projet d’assainissement. Ils ont été jugés plausibles par le Service de la protection de l’environnement. Pour Yves Degoumois, «les pollutions sont finalement plus limitées que prévu». Seules cinq zones précises nécessitent des mesures légales. Souillées d’hydrocarbures, elles sont confinées au périmètre de la raffinerie. Si l’Etat devait activer la garantie, les 5,5 millions de francs consentis par Tamoil devraient suffire à financer les travaux exigibles selon l’ordonnance sur l’assainissement des sites contaminés.

Directeur de Tamoil, Stéphane Trachsler ne cache pas sa satisfaction. Pour lui, toutes les estimations précédentes «ne s’appuyaient sur rien», parce que «nous ne connaissions pas exactement l’état du terrain». La société analyse les dossiers de plusieurs acheteurs potentiels, parmi lesquels Christian Constantin. La convention passée avec l’Etat fixe aussi les conditions d’un éventuel transfert des responsabilités environnementales. Toujours classés parmi les sites pollués à surveiller, les 130 hectares de la raffinerie nécessiteraient sans doute de nouvelles mesures d’assainissement si un repreneur entendait y bâtir de nouvelles infrastructures.

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Tamoil souhaite désormais trouver un accord avec les autorités du canton de Vaud, qui lui réclament un peu moins de 200’000 francs pour garantir l’assainissement de la gare de chargement d’Aigle.