Unireso, la communauté tarifaire des transports publics de l'agglomération genevoise, profitera de l'adaptation des horaires Rail 2000, le 12 décembre prochain, pour modifier ses tarifs. Globalement, le coût des transports sera plus avantageux pour les titulaires genevois d'abonnement annuel, ainsi que pour les passagers des Transports annemassiens collectifs (TAC), qui intègrent Unireso. L'abonnement annuel, valable uniquement sur l'ensemble du canton et qui est déjà en possession de 100 000 utilisateurs, diminuera de 700 à 650 francs.

En revanche, les usagers occasionnels et les habitants de Terre-Sainte, dans le canton de Vaud, verront le prix de leurs titres de transport augmenter. Si, à Genève, la hausse du prix du ticket normal – de 2,60 à 3 francs – incitera des utilisateurs à souscrire un abonnement annuel, les pendulaires vaudois doivent l'augmentation de leur tarif aux choix politiques de leur gouvernement. Actuellement, un usager qui habite Founex, Coppet, Tannay ou Mies circule avec l'abonnement Unireso à 700 francs sur l'ensemble du réseau. Désormais, il devrait débourser 1140 francs s'il se rend en ville de Genève.

«Ces personnes bénéficiaient d'une situation particulière, puisque Genève les subventionnait», explique Yves Delacrétaz, adjoint au chef de Service de la mobilité du canton de Vaud. En effet, Unireso appliquait le même tarif à ces communes vaudoises qu'à Céligny, l'enclave genevoise située entre Coppet et Nyon. Dès le 12 décembre, seuls les usagers justifiant un domicile à Céligny auront droit à un abonnement à 650 francs.

Le canton de Vaud n'a pas souhaité se substituer à Genève et permettre aux habitants de Terre-Sainte d'obtenir l'abonnement Tout Genève à 650 francs. «La volonté politique est de faire des économies, justifie Yves Delacrétaz. Nous ne pouvons pas dépenser autant que l'on voudrait.» Vincent Krayenbühl, le chef du Service de la mobilité, préfère voir les avantages: «La cadence du train régional va passer de l'heure à la demi-heure. L'offre augmentera.»

Il note que des efforts ont été consentis pour les pendulaires de La Côte. Depuis octobre, l'abonnement Inter et le City-ticket permettent à ceux qui, entre Coppet et Morges, prennent le train, puis les transports publics à Lausanne et à Genève, de bénéficier de réductions. Par exemple, un pendulaire nyonnais peut acheter un abonnement Inter pour 1640 francs, alors qu'il devait débourser avant cela près de 2033 francs. Mais cette réduction est supportée par les CFF et Unireso, non par le canton de Vaud.

Sur La Côte, les élus se fâchent. Le syndic de Coppet, Jean-Pierre Deriaz, s'insurge contre «l'augmentation du tarif Unireso». Tandis qu'Yvan Rytz, député écologiste au Grand Conseil vaudois, a «vraiment l'impression que les régions périphériques sont laissées en marge par le gouvernement vaudois qui favorise Lausanne.» Cet élu nyonnais a demandé en septembre au Conseil d'Etat pourquoi il n'avait pas étendu la communauté tarifaire Unireso au district de Nyon, voire jusqu'à Gland. D'autant plus que cela figurait dans son programme de législature et que la communauté tarifaire de l'agglomération lausannoise va s'étendre jusqu'à Morges. Toutefois, le développement d'Unireso en terre vaudoise aurait nécessité une participation supplémentaire du canton de Vaud de 1 à 4 millions de francs. «Ce qui coûterait particulièrement cher serait l'installation de distributeurs compatibles avec Unireso», déclare Vincent Krayenbühl, pour justifier les atermoiements vaudois.