Le courrier A passera-t-il dès l'année prochaine à 1 fr.10, comme l'annonce le SonntagsBlick de dimanche? Peut-être bien que oui, peut-être bien que non. Responsable de la communication de La Poste, Etienne Habegger confirme que diverses hausses de tarifs sont à l'étude. Ce n'est pas une surprise, car, lors de la dernière conférence de presse du géant jaune (voir Le Temps du 9 juin), le chef des finances Hans-Peter Strodel avait signifié que les services universels étaient à la limite du seuil de rentabilité.

Les augmentations ne sont cependant pas encore décidées. Ce n'est qu'à l'automne que La Poste présentera ses propositions d'adaptations à son ministre de tutelle Moritz Leuenberger. Cela dit, si l'on en croit Etienne Habegger, on s'achemine vers une structure tarifaire plus diversifiée qu'elle ne l'est actuellement. Aujourd'hui, toutes les enveloppes de moins de 250 grammes sont facturées à 90 centimes en courrier A et 70 centimes en courrier B. A l'avenir, un découpage plus fin est envisagé et une enveloppe de moins de 100 grammes coûtera sans doute moins cher qu'un courrier de 250 grammes. «Dans de nombreux autres pays, la structure tarifaire est déjà plus variée qu'en Suisse», fait remarquer Etienne Habegger. Les hausses de prix seront donc davantage échelonnées en fonction du poids.

Ces augmentations permettront notamment de financer l'informatisation des bureaux de poste, une opération à 150 millions de francs. Actuellement, seules 390 des 2700 succursales de La Poste sont reliées par informatique. Etienne Habegger confirme qu'il est question d'en équiper 1600 de plus. Cela signifie-t-il, comme le laissait entendre dimanche dans le SonntagsBlick Albert Jörimann, secrétaire central du Syndicat de la communication, que tous les autres seront fermés? «Il est faux de tirer une telle conclusion», proteste Etienne Habegger, qui confirme cependant que «l'emplacement de chaque bureau de poste est examiné. Nous devons voir quelles sont les préférences des clients. Mais c'est un processus qui est en route depuis quelque temps déjà et nous n'avons aucun projet de fermeture massive de nos représentations.» Les inquiétudes d'Albert Jörimann viennent du fait que l'examen du réseau postal fait partie intégrante du projet «Optima» mis en route par La Poste. Ce projet – «qui n'est pas secret», insiste Etienne Habegger – a pour but d'économiser 75 millions. Pour le syndicaliste, seules des suppressions massives d'emplois et de bureaux permettront d'atteindre ce résultat. Etienne Habegger conteste cette affirmation et annonce l'ouverture d'une enquête interne afin de déterminer l'origine de ces «fausses informations».