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Tarifs des TPG: un low cost si cher payé

Une fois encore, les Genevois expriment leur mécontentement en votant contre leur propre intérêt. Notre commentaire

Une fois de plus, les Genevois ont exprimé leur ras-le-bol, à l’occasion d’une votation où ils auraient dû le mettre de côté. En refusant la loi sur les transports, ils se privent d’un compromis qui promettait, certes, une toute petite augmentation du prix de leurs bus et trams, mais surtout une hausse de la subvention étatique.

Un compromis accepté par la droite et le centre, et soutenu par les Verts, qui ne s’y étaient pas trompés: à vouloir raboter encore sur les prix, les prestations ne pouvaient qu’en pâtir. C’est malheureusement ce qui va arriver.

Notre article sur le vote: Les Genevois refusent la hausse des prix des transports publics

Les transports publics genevois sont les moins chers de Suisse

Pourtant, le prix des transports publics genevois est le moins cher de Suisse. Après l’acceptation de l’initiative Avivo en 2014, ceux-ci avaient littéralement fondu – 200 francs de moins pour l’abonnement général, qui coûte 500 francs.

Ce qui plaçait Genève loin, très loin derrière Lausanne (au moins 740 francs), Bâle (800 francs), Zürich (782 francs pour deux zones) ou Berne, à 790 francs. La manœuvre visait alors à convertir les Genevois aux transports publics. Mais il n’en a rien été. Sans nouveaux clients, donc sans nouvelles rentrées financières, il a donc fallu raboter l’offre. Avec le résultat que l’on sait: lignes estropiées, bus bondés, usagers mécontents, personnel au bord de la crise de nerfs.

Une désastreuse situation cautionnée par les urnes

Ce dimanche entérine cette désastreuse situation. Car on ne voit pas comment la droite et le centre accepteraient d’augmenter la subvention pour étoffer l’offre ou de faire passer tous les contribuables à la caisse. Les Verts le savent bien, qui ont pris leurs responsabilités en soutenant le compromis négocié.

Celui-ci aurait eu une chance de passer si les socialistes n’avaient pas pris le chemin de l’opposition, dans une posture plus démagogique qu’idéologique. Ils auraient dû laisser cela à l’extrême gauche et au Mouvement citoyen genevois, dans leur rôle. S’ils se targuent aujourd’hui d’une victoire, ils doivent savoir au fond qu’elle est une version à la Pyrrhus. Car il faudra une nouvelle fois tailler dans les prestations. Le low cost sera cher payé.

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