«On me demande si les Suisses ne sont pas devenus fous», s’exclame Tariq Ramadan dans une interview du «Matin dimanche», quand on l’interpelle sur l’initiative contre les minarets. L’islamologue met en garde contre le populisme.

Tariq Ramadan explique la situation par le succès fulgurant de l’UDC ces dernières années. «La Suisse est ébranlée au milieu de cette grande Europe et pas seulement à cause de l’immigration», selon lui. Il comprend la peur des gens, mais condamne son instrumentalisation «par des politiciens malhonnêtes».

«Sur le plan légal, l’UDC reste dans les limites tout en jouant avec elles, mais sur le plan politique elle est dans l’excès», souligne M. Ramadan. Il y voit surtout aussi la faiblesse des autres partis qui «n’ont pas de vraies visions ou de propositions concrètes pour la contrecarrer». Comme avec les Italiens

Pas seulement la Suisse, mais toute l’Europe se trouve dans une situation périlleuse, avec la montée de partis d’extrême droite, analyse Tariq Ramadan. L’Europe vit une tension entre sa survie économique qui nécessite des immigrés et ses peurs culturelles.

Actuellement les immigrés viennent de Turquie, de Bosnie ou d’Afrique du Nord et sont majoritairement musulmans. «Comme à l’époque de l’arrivée des Italiens en Suisse, on a peur des étrangers», rappelle-t-il. La réaction: «on se replie sur la sécurité pour se protéger de l’extérieur et sur le populisme pour attirer des électeurs à l’intérieur».