Genève

Tariq Ramadan aurait abusé d'élèves mineures

Ancien enseignant à Genève, l'islamologue aurait tenté et parfois réussi à séduire des élèves mineures pendant les années 1980 et 1990, selon la Tribune de Genève. Des accusations qui s'ajoutent à une série déjà portées en France et en Belgique mais qui concernaient des adultes. 

Les révélations ne cessent d'accabler Tariq Ramada. Ce samedi, c'est la Tribune de Genève qui affirme que l'islamologue, qui avait enseigné à Genève, aurait séduit certaines de ses élèves alors mineures. 

Depuis plusieurs jours, les accusations contre Tariq Ramadan se sont multipliées. Dans le sillage de l’affaire Weinstein, où les femmes dénoncent le harcèlement dont elles ont été victimes, deux d’entre elles ont porté plainte contre l’islamologue pour viol. Ce dernier a réagi en niant les accusations, qu'il a qualifiées de calomnieuses. Samedi dernier, Le Parisien révélait une troisième plainte. Quelques jours plus tard, une jeune femme belge affirmait avoir vécu un «cauchemar» après avoir noué une relation consentie avec le charismatique intellectuel musulman. Diffusé par RTBF de façon anonyme, ce nouveau témoignage a contribué à brosser un portrait de séducteur compulsif, attiré par une sexualité contraignante voire brutale, mais qui ne s'était pas jusque-là intéressé à des mineures.

Dans les années 1980 et 1990  

Or, selon le quotidien genevois il aurait tenté de séduire sans succès une de ses élèves de 14 ans, mais serait arrivé à ses fins avec trois autres, âgées entre 15 et 18 ans. Les quatre anciennes étudiantes ont témoigné dans les colonnes du journal sous des prénoms d'emprunts pour protéger leur identité. Cela se serait déroulé dans les années 1980 et 1990 alors que Tariq Ramadan enseignait le français et la philosophie au Cycle des Coudriers puis au Collège de Saussure.

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«Je me sens proche de toi. Tu es mature. Tu es spéciale. Je suis entouré de beaucoup de monde mais je me sens seul», a-t-il déclaré à l'une d'entre elle, 15 ans à l'époque. Invitée à boire des cafés en dehors de l'école, elle dit s'être sentie «à l’aise et mal à l’aise. La confusion s’était installée dans ma tête. A deux ou trois reprises, nous avons eu des relations intimes. A l’arrière de sa voiture. Il disait que c’était notre secret.» Un autre, alors âgée de 14 ans, lui a résisté, avant d'être traitée d'«aguicheuse». Les deux autres femmes, 17 et 18 ans, révèlent des situations de fascination et de manipulation, un prof «charismatique» dont l'une dit avoir «été abusée et violentée».  

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Jamais condamné par la justice genevoise, Tariq Ramadan avait fait l'objet de rumeurs, selon des anciens fonctionnaires contactés par la Tribune, sans se souvenir de dénonciations. A l'exception de l'un deux, Michel Roch, 62 ans, chimiste, qui assure: «A Genève, le fait que Tariq Ramadan n’avait pas l’éthique professionnelle qu’il prétendait avoir devenait un secret de Polichinelle à l’époque. Ma femme, professeur de latin, et moi-même, avons recueilli entre 1989 et 1992 les confidences de six élèves de Tariq Ramadan. Elles avaient entre 14 et 18 ans, ont toutes été manipulées, voire plus. Je leur avais dit de porter plainte et de le signaler, mais elles ne voulaient pas le faire.»

 

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