Par 13 voix contre 12, la Commission de l'environnement du National a refusé l'introduction d'une taxe sur le CO2 frappant les combustibles, notamment pour le chauffage. Elle renvoie le projet au gouvernement en demandant la création d'un centime climatique, sur le modèle de ce qui est appliqué aux carburants, pour les véhicules, depuis octobre 2005.

Ces projets sont liés aux engagements du Protocole de Kyoto. La taxe se monterait à 35 francs par tonne de CO2, soit environ 9 centimes par litre d'huile de chauffage. Les 650 millions de francs ainsi dégagés auraient servi à une petite réduction des primes maladie ainsi que des cotisations AVS. Le centime climatique, lui, est une mesure volontaire de l'économie, dont les recettes servent à dépolluer des sites ou à acheter des permis d'émission.

La majorité de la commission a estimé que la hausse continue des prix du pétrole rend «superflue» toute taxe incitative. Puisque le PDC s'est rallié au centime, avec les radicaux et l'UDC, le vote du plénum semble clair, et l'idée de taxe de plus en plus éloignée.

Le TCS s'en réjouit: cela prouve «l'efficience du centime pour atteindre les objectifs de réduction des émissions de CO2». Bien sûr, les écologistes font part de leur consternation, Greenpeace fustigeant «la myopie et l'irresponsabilité des politiciens» et cette «génuflexion devant le lobby du pétrole et du gaz». Le WWF en appelle au Conseil fédéral pour qu'il maintienne la taxe, qui «aurait des conséquences positives tant sur le plan environnemental qu'économique».