Mobilité

Les télécabines suisses percent dans les transports urbains aux Etats-Unis

A Portland ou Oakland, sur la côte Ouest, le groupe austro-suisse Garaventa rivalise avec Uber pour desservir hôpitaux ou aéroports

Sans forcément le savoir, tout le monde est monté un jour à bord d’un engin fabriqué par Garaventa. Fondée il y a près d’un siècle, la société zougoise s’est spécialisée dans les remontées mécaniques. Elle a fusionné en 2002 avec l’autrichien Doppelmayr, devenant le leader mondial de la mobilité terrestre et aérienne par câble.

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Doppelmayr/Garaventa, c’est un chiffre d’affaires de 834 millions d’euros, 14 800 installations réparties dans 40 pays, 2700 collaborateurs. La télécabine de la piste de l’Ours, à Veysonnaz, celle de Montana-Arnouva, le nouveau funiculaire de Lugano, le Fun’Ambule de Neuchâtel ainsi que de nombreux télésièges sont estampillés Garaventa ou Doppelmayr.

Aux Etats-Unis, le groupe austro-suisse a son siège à Salt Lake City depuis une vingtaine d’années. Il a équipé le continent nord-américain en centaines de remontées mécaniques. Les Jeux olympiques de 2002 ont été une aubaine. «Nous avons construit une douzaine de nouveaux téléskis pour les JO», confie le responsable local, Peter Wiedemann. Comme l’exige la législation américaine BAA, l’assemblage se fait sur place; l’acier, plus cher qu’en Europe, est à 100% d’origine américaine et les rails sont conçus dans le pays.

Aujourd’hui, l’entreprise s’occupe surtout de moderniser le parc existant de remonte-pentes. «Le marché a changé. Il y a moins de nouveaux projets et les services forestiers nous demandent qu’ils soient le moins visibles possible», complète-t-il.

«Les conditions extrêmes des Alpes suisses»

Le marché des transports urbains s’est aussi ouvert au groupe. Portland, dans l’Oregon, avait un problème à résoudre: son hôpital, situé sur la colline de Marquam Hill, n’était accessible que par une petite route et les possibilités de parcage étaient restreintes. C’est ainsi qu’est née l’idée de relier la ville à l’établissement par un téléphérique.

Garaventa a décroché le contrat. Le «tram aérien» – c’est son nom là-bas – fête en 2017 ses dix ans de bons et loyaux services. Il transporte 1,36 million de passagers par an. Il est opérationnel six jours sur sept. «Le dimanche est réservé aux travaux de maintenance», précise le responsable, Austen Edwards. Les deux cabines résistent à des vents latéraux de 80 km/h, ce qui fait dire à l’exploitant qu’elles sont capables de faire face aux «conditions extrêmes qui peuvent régner dans les Alpes suisses».

Oakland, en Californie. Cette ville mal famée de 800 000 habitants, à l’est de la baie de San Francisco, tente de se remettre de la crise de 2008, qui l’a durement frappée. Elle fait des efforts pour améliorer son image. Plus pratique que celui de San Francisco, son aéroport international est de plus en plus prisé, mais il est mal desservi et les taxis et bus locaux ont fait les frais de l’émergence tonitruante d’Uber et de Lyft. En novembre 2014 a été inauguré un métro aérien à câble réalisé par Doppelmayr, entièrement automatique, qui relie désormais l’aéroport au réseau urbain BART (Bay Area Rapid Transit) en sinuant sur 5 kilomètres, au-dessus des voies de circulation. «La fréquentation a augmenté de 40% par rapport à l’époque des bus», se réjouit le chef de projet, Jacob Fagan.

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