Téléveysonnaz veut fusionner

Valais En cause, un chiffre d’affaires en baisse depuis cinq ans

Vendredi matin, l’assemblée générale de Téléveysonnaz a franchi un pas en direction d’une fusion avec sa voisine, Télénendaz. D’abord, parce que le promoteur immobilier et actionnaire majoritaire de Téléveysonnaz, Jean-Marie Fournier, est aussi actionnaire majoritaire des remontées mécaniques de Nendaz. La fusion lui permettrait de peser plus lourd dans les négociations avec ses partenaires du domaine skiable des 4 Vallées. Mais le motif de la fusion est aussi d’ordre économique, révèlait le conseil d’administration vendredi matin. «Les années de récession et de crise économique, ainsi que la baisse de l’euro, ont entraîné un recul du chiffre d’affaires depuis 2009», explique Pierre-Alain Lathion, président de Téléveysonnaz. «Ceci est aussi le cas pour de nombreuses sociétés de remontées mécaniques en Valais et ailleurs», précise-t-il.

Une comptabilité sommaire

Ledit chiffre d’affaires est tenu secret. Même les actionnaires de la société n’en ont pas connaissance. En effet, Téléveysonnaz loue ses remonte-pentes à VIP, une société privée appartenant à la famille Fournier. Seule cette dernière connaît les rentrées financières générées par les remontées mécaniques. Le rapport de gestion 2013-2014 tient sur quatre pages d’une comptabilité sommaire. A la ligne des produits ne figure que le montant du loyer des installations. Signe de la difficulté du contexte, pour 2014, le loyer que paie VIP à Téléveysonnaz a été baissé de 2,3 millions par année à 2 millions de francs.

Décisions à l’unanimité

«Nous devons compresser les charges, raison pour laquelle Télénendaz et Téléveysonnaz ont déjà entrepris des collaborations», poursuit Pierre-Alain Lathion. «Les conseils d’administration des deux entreprises ont récemment validé l’idée d’une fusion entre leurs sociétés. Des études sont en cours pour aboutir dans un délai assez court. Si la société est plus grande, elle aura de meilleures capacités d’investissement.»

Le président de la commune de Veysonnaz est le seul à se lever devant l’assemblée pour prendre la parole. Il souligne à quel point il est important pour la région d’investir dans les infrastructures, alors que Téléveysonnaz souffre d’installations vieillissantes et de concessions qui arrivent à leur terme. «Les clients doivent être au cœur de nos préoccupations pour améliorer l’offre du domaine skiable», dit-il, un brin critique. Jean-Marie Fournier avait pris le risque, cet été, de dénoncer la convention des 4 Vallées qui permet aux skieurs de relier Verbier à Nendaz, Veysonnaz et Thyon. «Les remontées mécaniques sont la colonne vertébrale de l’économie locale», a-t-il ajouté.

Dans le petit salon du Chalet-Royal, le fief de Jean-Marie Fournier, les membres de l’assemblée générale acceptent l’ensemble des décisions à l’unanimité et sans poser aucune question. En guise de premier pas vers la fusion, le vice-président de Télénendaz entre ainsi comme troisième homme au conseil d’administration de Téléveysonnaz. Jean-Jacques Bornet est le patron de l’une des grandes entreprises générales de construction, chauffage et sanitaire du Valais central. Il est décrit comme l’un des hommes de confiance de Jean-Marie Fournier.