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Neil Armstrong au cours de la mission Apollo 11 en juillet 1969, aux côtés du module lunaire Eagle.
© © Ho New / Reuters

Histoire

«Le Temps» fête ses 18 ans en retournant marcher sur la Lune

Ce 18 mars 2016, «Le Temps» relance ses archives historiques avec de nouvelles fonctionnalités. L’occasion de retrouver Eric Schaerlig, qui couvrait depuis Houston l’alunissage pour la «Gazette de Lausanne» en juillet 1969

A l’occasion du 18e anniversaire du Temps et du lancement de la plus importante base de données historiques de Suisse presque un demi-siècle après le premier pas de Neil Armstrong sur la Lune lors de la mission Apollo 11, nous sommes allés à la rencontre d’Eric Schaerlig. L’homme commentait les exploits des débuts de la conquête spatiale à la Radio romande et sa voix perdait graduellement sa fluidité d’élocution sous le coup de l’émotion face à cet événement inouï, quand il a annoncé en direct que l’homme avait posé le pied sur la Lune, cette longue nuit du 21 juillet 1969. Il écrivait également pour la Gazette de Lausanne.

Le nouveau site  Letempsarchives.ch

Eric Schaerlig, c’était aussi un nom, d’autant plus qu’au même moment son frère, Alain Schärlig, scientifique lui aussi, apportait ses éclairages sur le plateau de la télévision à Genève, aux côtés de Georges Kleinmann. Jeune journaliste indépendant après des études de physique, Eric vivait aussi l’événement pour la presse écrite:

Ce qui le frappe le plus en revoyant cette «une» historique – et pour une fois, le terme n’est pas galvaudé – ce n’est pas la surprise: il était sur place et il a souvent revu ses archives. Mais c’est «l’accélération des technologies, qui me fait tourner la tête». Et surtout une sorte de vertige temporel: «C’était certes il y a cinquante ans bientôt, mais il me semble que c’était bien plus loin, il y a un siècle ou à l’âge du bronze!»

«Les conditions de travail et le mode de fonctionnement ont changé du tout au tout», souligne notre confrère, qui écrivait ses textes à la main. Pas de téléphones portables ni d’ordinateurs, comme le fait comprendre l’expression désuète en tête d’article, «Le câble de notre envoyé spécial»: «Cela fait penser au télégramme, mais en fait on envoyait nos articles par téléphone, qu’une secrétaire de piquet à Lausanne enregistrait et tapait à la machine à écrire. Quant aux conditions de transmission…

Au moment du lancement, nous avons tenté de faire un duplex avec mon frère au studio TV de Genève – ce qui est élémentaire de nos jours – et nous n’avons pas réussi à établir la liaison. J’entendais la régie, mais eux ne me captaient pas. Des cafouillages impensables aujourd’hui!»

Consulter en archives: L’article d’Eric Schaerlig («Gazette de Lausanne», 22.07.1969)

L’envoi au journal de photographies en couleur ou de meilleure qualité que les bélinos noir et blanc (avec l’ancêtre du fax) était aussi presque une aventure. Les représentants des rédactions les plus riches sautaient dans un avion avec les précieuses photos, les autres attendaient de rentrer… De même, les premières bonnes photos de la NASA ont dû attendre le retour des astronautes sur Terre et leur développement pour être diffusées. La photo de une de la Gazette de Lausanne, du 22  juillet en témoigne, avec ses silhouettes sur la Lune si floues qu’on ne pouvait que les deviner:

«Aujourd’hui, la NASA diffuse ses photos quasi instantanément sur Internet, mais à l’époque, elle nous les donnait sous forme de diapositives», se souvient Eric Schaerlig.

Les installations pour la presse étaient spartiates, en total décalage avec l’ampleur de l’événement historique, «avec des fils et des câbles dans tous les sens». Au centre de contrôle de Houston (photo ci-dessous), les envoyés des radios et des TV disposaient «de cahutes en bois» dans une grande halle. C’est là qu’Eric Schaerlig s’est retrouvé aux côtés d’un correspondant de prestige, l’écrivain Alberto Moravia, journaliste pour la RAI, la radiotélévision italienne: «Je l’entendais lancer ses commentaires de manière très volubile et lyrique. Mais, jeune débutant face à une célébrité, je n’ai pas osé l’aborder. Il y avait sans doute d’autres envoyés «de luxe» de la trempe de Moravia ce jour-là sur place, à la mesure de l’événement planétaire et de ses implications historico-philosophiques.»

Quand il repense à cette fameuse nuit (et à toute l’épopée des missions Apollo qu’il a suivies jusqu’au bout), des bouffées d’émotion le saisissent comme il en a ressenties dans sa cabane de Houston en parlant pour la radio, puis en écrivant ses articles. «D’abord l’attente, l’attente encore, et puis tout d’un coup cet astronaute hésitant sortant du LEM [l’acronyme anglais du «module lunaire»] et descendant l’échelle – cet «apiculteur» engoncé dans son équipement protecteur, comme l’appelait mon collègue Christian Sulser (ci-dessous) – et une émotion qui te fait perdre tes moyens et les larmes qui montent aux yeux… On sent que c’est un moment qu’on ne revivra jamais.»

Et pendant ce temps-là: «Les problèmes du tiers monde», par Christian Sulser («Gazette de Lausanne, 26.07.1969)

Eric Schaerlig, qui collabore encore à la revue Planète Santé à 74 ans, s’est davantage concentré sur les questions médicales ces dernières années. Mais pour lui, c’est indéniable, la Lune a été décisive: «Sans la conquête de la Lune, je n’aurais jamais existé. Toute ma carrière a bénéficié de l’audience qu’elle m’a procurée. Je dois tout à cet événement du 21 juillet 1969.»

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