Vaud

Le Tennis Club Nestlé passe par pertes et profits

La multinationale se sépare de son club de la Riviera vaudoise. Des mesures d’économies en lien avec la nouvelle politique du groupe seraient à l’origine de la décision

La saison 2018 sera la dernière pour le Tennis Club Nestlé (TCN), à La Tour-de-Peilz. Après plus de quatre-vingts ans d’exploitation, le géant veveysan vend le terrain. Deux immeubles pouvant accueillir 70 nouveaux habitants ont été mis à l’enquête pour remplacer la terre battue. Le comité du club a partagé avec ses membres son «immense déception» d’être «contraint» d’annoncer la fermeture définitive des infrastructures. La nouvelle serait tombée de manière abrupte, sans consultation préalable.

En coulisse, la nouvelle politique de réduction des coûts mise en place par Mark Schneider, PDG du groupe depuis janvier 2017, est pointée du doigt. Le nouveau dirigeant n’aurait pas la même «fibre sportive» que ses prédécesseurs, selon un membre du comité.

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Un sujet «sensible»

Pourquoi cette annonce soudaine de fermeture? L’omerta règne au comité, dont une grande partie des membres sont des employés Nestlé. La communication de l’entreprise n’est pas non plus très bavarde: «Nestlé revoit régulièrement son portefeuille de bâtiments», balaie la Media Relations Manager, Caroline Biétry, qui indique sans sentimentalisme que «la vente intervient dans le cadre d’une réévaluation du parc immobilier de la Riviera». Près de 700 membres bénéficient actuellement des infrastructures du TCN.

L’avenir du club, réservé aux employés et leur conjoint à moins d’un parrainage, était sur la sellette depuis quelque temps. En 2014 déjà, une promesse de vente avait été signée envers plusieurs sociétés actives dans l’immobilier pour un coût estimé à près de 3 millions de francs. Une pétition signée par la majorité des membres inscrits au club avait semblé trouver un écho au sein de la direction, qui leur accordait un bref sursis. Celui-ci semble désormais échu.

«Un luxe que nous ne pouvons plus nous offrir»

Récemment interpellé par un employé sur la fermeture définitive du club, Mark Schneider y répondait par la voix du directeur international des ressources humaines de la multinationale, Peter Vogt, en ces termes: «Nous considérons que disposer de telles infrastructures au cœur de La Tour-de-Peilz est un luxe que nous ne pouvons plus nous offrir.» Cette opération immobilière – aussi modeste soit-elle pour une firme de cette taille – paraît donc s’inscrire dans le programme de restructurations massives entreprises par le nouveau dirigeant allemand, qui a déclaré la guerre aux coûts superflus.

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Si le sort du club semble désormais scellé, les bâtiments ne sont toutefois pas près de sortir de terre: pas moins de 37 voisins ont fait opposition au projet immobilier, représentés par Pierre Chiffelle, avocat et ancien conseiller d’Etat vaudois et lui-même membre du club. Le texte d’opposition dénonce le gigantisme du projet, de supposées irrégularités dans ses plans et renvoie à la réputation de la multinationale: «La cohabitation entre le club et le siège suisse de l’entreprise fait rayonner auprès de la population locale une image extrêmement positive. Ce qui ne serait plus forcément le cas d’une opération immobilière axée sur le rendement.»

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