Les forces aériennes suisses pourront tirer sur tout engin volant qui survolera Davos pendant le Forum économique mondial sans s'être annoncé aux autorités. C'est la mesure exceptionnelle que le nouveau chef de l'armée, Christophe Keckeis, prévoit pour assurer la sécurité de la manifestation, expliquait dimanche l'hebdomadaire SonntagsZeitung.

Inspirée par la crainte d'un attentat terroriste, la mesure sera en vigueur entre le 23 et le 28 janvier. Les conditions exactes sous lesquelles un aéronef non identifié pourrait être abattu par l'armée ne sont pas encore définies. «Selon la loi, c'est le chef des forces aériennes qui donnerait l'ordre de tirer», explique le porte-parole du Département de la défense, Oswald Sigg. Dans ce cas, la responsabilité d'un tel ordre devrait toutefois être transmise à l'autorité politique.

Le Conseil fédéral devrait entériner les détails du dispositif de sécurité le 15 janvier. L'exécutif national de même que l'Office fédéral de l'aviation civile ont toutefois déjà donné leur accord de principe. La mesure proposée se base sur une ordonnance de 1984 définissant les conditions de survol de zones au trafic aérien limité. Son troisième paragraphe autorise l'usage d'armes contre des avions civils, dans le cas où les instructions des autorités ne sont pas respectées. Une telle mesure n'a jusqu'ici jamais été mise en pratique.

Sur terre aussi

Les autorités suisses entendent également contrôler tous les accès à Davos par la terre durant le Forum. Pour le grand défilé anti-Forum prévu le 25 janvier, la commune grisonne interdira son territoire aux manifestants jugés potentiellement violents, notamment ceux qui seront équipés pour une confrontation avec les forces de police. Si les manifestants issus des Grisons promettent d'éviter les actes de violence, les militants anti-globalisation italiens réagiront contre les violences policières s'ils sont provoqués, a affirmé un représentant des organisations italiennes interrogé par le Sonntags-Blick. LT