«La proposition d'une présence symbolique de cinq sans-papiers à l'église Saint-Paul était définitive et non négociable. Le refus du collectif de l'accepter me désole, car c'était une solution raisonnable, qui permettait au mouvement de poursuivre sa lutte politique. Je vais donc envoyer un nouveau fax au préfet pour demander l'expulsion de l'église», assène, un brin désabusé, le président du conseil de paroisse, Etienne Gruber.

Le collectif des sans-papiers a en effet refusé, hier sur le coup de midi, de limiter l'occupation symbolique de l'église à seulement cinq personnes, et ce jusqu'au 17 septembre. Cette proposition émanait directement de Mgr Bernard Genoud. Pour Jean Kunz, secrétaire régional de Comedia et membre du comité de soutien aux sans-papiers, «il est impossible d'accepter une telle proposition, alors que 21 personnes du collectif n'ont pas de domicile. Pour cette raison, nous avons accepté la proposition du conseil de paroisse, mais en demandant à ce que 30 sans-papiers puissent séjourner dans l'église.»

Décidément mal pris, le préfet de la Sarine, Nicolas Deiss, est à nouveau confronté à la demande d'expulsion qui lui a été adressée le 23 juillet dernier par le conseil de paroisse. «Je comprends que le préfet soit gêné aux entournures, précise Etienne Gruber. Mais, désormais, il faut qu'il applique la loi. La responsabilité de l'évacuation repose sur les épaules du mouvement de soutien, qui a eu une attitude irresponsable vis-à-vis des pauvres gens qu'il prétend défendre. Ces personnes veulent la confrontation, et j'estime, pour ma part, qu'il y a manipulation politique. Au détriment de leur cause.»

Pour l'heure, le préfet déclare attendre la réponse définitive du conseil de paroisse. Si les positions ne bougent pas, après un énième marchandage, une évacuation pour les prochains jours est dans l'ordre du possible. Dans le même temps, d'autres lieux de refuge sont actuellement recherchés pour accueillir les sans-papiers d'une nouvelle liste ouverte à Fribourg.