Une fillette de quatre ans a été retrouvée indemne dans la nuit de mercredi à jeudi, prostrée au fond de la voiture de sa famille de vacanciers britanniques en camping à Saint-Jorioz en Haute-Savoie, visée par une fusillade ayant fait quatre morts et une blessée grave.

Selon des informations obtenues par notre journaliste Christian Lecomte, la famille était déjà venue au camping en 2011 quelques jours. Cette année ils étaient sur place depuis trois jours avant la tragédie. Hier matin encore, les deux fillettes jouaient tranquillement dans le camping «Le Solitaire du lac». Signe supplémentaire que la famille se sentait en vacances, les parents s’étaient longuement entretenus avec des responsables du camping hier matin, posant des questions sur les randonnées et activités à faire dans les alentours, avant de partir en promenade dans l’après-midi, à Chevaline, base fréquentée de départ de balades. La famille avait une grosse caravane, avec un petit bateau en plastique pour les enfants. Tout est actuellement sous le contrôle de la police.

Fillette miraculée

L’enfant a été retrouvée vers minuit dans la BMW dans laquelle les trois autres passagers ont été retrouvés tués par balles, mercredi après-midi, a indiqué le procureur d’Annecy Eric Maillaud.

«Elle est restée sous les corps, prostrée pendant près de huit heures et n’a pas bougé pendant tout ce temps-là. On n’a pu la trouver qu’à partir du moment où on a eu accès à la scène du crime», c’est-à-dire après l’arrivée des techniciens de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), venus de Paris.

«La petite parlait en anglais. Elle a entendu des bruits, des cris mais elle ne peut pas en dire plus, elle n’a que quatre ans».

«Il va de soi que les deux fillettes sont protégées» par les forces de l’ordre, a ajouté le procureur, évoquant la sœur aînée, transférée dans un état grave à l’hôpital de Grenoble et dont les jours ne sont plus en danger.

«Toutes les précautions ont été prises pour qu’elles soient encadrées, soignées et protégées dans les meilleures conditions possibles», a-t-il ajouté, se refusant à préciser le lieu où a été placée la cadette.

Cachée sous les jambes de sa mère morte pendant huit heures

La fillette de quatre ans serait restée cachée «sous les jambes de sa mère» morte pendant toute cette période, selon un enquêteur.

Les victimes ont été découvertes par un cycliste peu avant 16H00 (14H00 GMT) dans leur BMW break, sur un parking forestier de la commune de Chevaline. Le père était à l’avant du véhicule, les deux femmes sur la banquette arrière.

«Les trois corps retrouvés dans la voiture pourraient être le père, la mère et la grand-mère. C’est en tout cas la composition de la famille telle que décrite par les occupants britanniques du camping de Saint-Jorioz qui ont signalé leur disparition mercredi soir», a ajouté le lieutenant-colonel Benoît Vinnemann, qui commande la section de la gendarmerie de Chambéry chargée de l’enquête.

Le quatrième mort est un cycliste, habitant d’une commune voisine, qui gisait mort à l’avant droit de la voiture, non loin de la fillette grièvement blessée.

L’identité de cette famille de Britanniques en vacances dans un camping de Saint-Jorioz, sur les bords du lac d’Annecy, faisait peu de doutes jeudi matin, même si la justice reste prudente dans l’attente d’une identification formelle.

L’état de la fillette blessée dans la tuerie, qui avait été hospitalisée mercredi soir à l’hôpital de Grenoble, est «stabilisé», a par ailleurs indiqué M. Vinnemann, précisant que son pronostic vital n’était plus engagé». Les médecins «envisagent qu’on puisse l’entendre dans les prochains jours», a-t-il ajouté.

De nombreuses douilles ont d’ores et déjà été retrouvées sur les lieux du crime, provenant d’une arme de type pistolet automatique.

«Compte tenu de ce que l’on voit, il est certain que la piste criminelle est à mettre en numéro un», a estimé le procureur d’Annecy. «Après, toutes les pistes sont possibles, ça pourrait être aussi dans l’absolu un drame familial, ce n’est pas à exclure».

Les médias britanniques se sont emparés de l’affaire dès mercredi soir, après la révélation que la plaque d’immatriculation du véhicule était britannique. The Independent et le Mirror évoquent l’hypothèse d’un braquage qui aurait mal tourné. The Daily Telegraph parle d’assassinats, prémédités donc, par un tueur soucieux de ne laisser aucun témoin derrière lui, des hypothèses que les enquêteurs n’avancent pas pour l’heure.

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