«Il ne faut pas perdre de vue que le véritable enjeu, c'est le renforcement du bilinguisme des individus. Ce n'est évidemment pas contesté et ce n'est pas de cela qu'il est question ici. Cet amendement ne concerne que la question des langues officielles, notamment celles utilisées dans les relations avec l'administration communale. Entre, d'un côté, la défense unilatérale du principe de territorialité, qui est devenu plus irréaliste aujourd'hui en raison de la réalité bilingue de certaines communes, et, de l'autre, un article vague dont les conséquences sont impossibles à prévoir, nous estimons qu'il y a de la place pour une voie médiane. Notre amendement de l'art. 7 reprend l'idée de la territorialité – inscrite dans la Constitution cantonale il y a dix ans. Mais il la précise pour lui donner une interprétation réaliste, en consacrant le principe de communes bilingues.

De fait, nous renvoyons au Grand Conseil le soin de fixer par une loi le mode de reconnaissance d'une commune bilingue. Dans l'intervalle, nous proposons de reprendre les critères appliqués actuellement. Le politique doit prendre ses responsabilités et nous ne devons pas laisser aux tribunaux le soin de régler ce problème à notre place. On m'a dit que nous voulions supprimer le statut bilingue de Fribourg et de Morat. C'est totalement faux. Fribourg et Morat sont incontestablement des communes bilingues. Et il y en a encore beaucoup d'autres. Nous proposons simplement un cadre clair à leur reconnaissance.»