Consternation dans les maisons closes au Tessin. Après la fermeture des bars et des discothèques le 9 octobre, le Conseil d’Etat a décidé de fermer les locaux érotiques le lundi 19, jusqu’à fin octobre, pour mieux contrer le covid. Directeur d'Oceano, le plus grand club du canton – 62 chambres –, Bernhart Windler ne cache pas son amertume. Ce qui le laisse perplexe, c’est que la prostitution exercée en appartement demeure autorisée – la prostitution n’étant pas interdite – et que les 11 maisons closes, elles, ont dû fermer. «Pourtant, nous avons une entrée pour le bar et une autre, séparée, menant directement aux appartements des filles», fait-il valoir, constatant que beaucoup de travailleuses ont quitté la Suisse, mais que d’autres se sont déplacées, «travaillant tranquillement en appartement». «Est-ce une disposition anti-covid, ou y a-t-il autre chose?» s’interroge-t-il.

Le traçage effraie la clientèle

Ces dernières semaines, Oceano opérait à 50% – le contact tracing a freiné une partie de la clientèle – là, il encaisse zéro, lâche-t-il. «C’est très lourd. Pour le bar, le ménage et la sécurité, j'ai 19 employés. On ne veut laisser personne à la maison.» Il rappelle qu’entre mars et juin les locaux érotiques tessinois ont été fermés pendant 87 jours. «Puis, on a eu un peu d’oxygène, avant ce coup de barre. Je suis convaincu que nous ne rouvrirons pas avant quelques mois», prédit-il, ajoutant que ce qui lui laisse un goût amer, c’est qu’on frappe «là où 1000 précautions ont été prises».