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Procureur général du Tessin depuis 2010, le socialiste John Noseda prend sa retraite. Les tests utilisés pour évaluer les candidats à sa succession resteront inutilisés, malgré leur coût.
© KARL MATHIS

Justice

Au Tessin, des tests inutiles et coûteux pour devenir procureur général 

L'élection du prochain patron du Ministère public échauffe la vie politique tessinoise. Autant par une polémique sur la méthode d'évaluation des candidats que pour l'enjeu politicien du scrutin

L’élection du prochain procureur général du Tessin, qui doit être désigné lundi par le parlement cantonal, fait couler beaucoup d’encre. Non seulement en raison de l’enjeu politicien de cette opération, mais également par la méthode, coûteuse, controversée, et finalement inutile, utilisée pour évaluer les candidats.

L’automne dernier, les aspirants à la succession de l’actuel procureur John Noseda, une forte personnalité de la vie publique tessinoise qui quittera son poste cet été, ont passé une série de tests d’aptitude, les «assessments», comme on dit en tessinois. Commandées par la présidence du Grand Conseil à l’Institut de psychologie appliquée de la Haute Ecole spécialisée de Zurich (ZHAW), ces évaluations ont coûté 28 000 francs aux contribuables.

Lire aussi: «Face aux crimes économiques, le Tessin est en situation d’urgence»

Les quatre candidats ont dû répondre par écrit à un questionnaire et se soumettre, plusieurs heures durant, à des entretiens, études de cas, tests de la personnalité et jeux de rôles. Après quoi, l’institut zurichois a pondéré la valeur des candidats selon leur style de travail, leur capacité de communication, la qualité de leurs rapports, leur capacité d’autonomie, etc., avant de formuler des recommandations à l’intention des élus.

Or, ces recommandations sont restées lettre morte. La présidence du Grand Conseil a fini par juger «peu sérieuse» l’évaluation qu’elle avait elle-même commandée et renoncé à la transmettre. Soutenu par cinq autres députés de divers bords politiques, l’élu socialiste Carlo Lepori a réclamé la diffusion des désormais fameux «assessments», faisant valoir que le parlement devait élire le prochain procureur général en connaissance de cause, sans censure. En vain. Les résultats de ces évaluations sont «trop confidentiels pour être divulgués», a estimé la présidence du parlement cantonal.

«Bel exemple de gaspillage des fonds publics»

Les évaluations n’en ont pas moins fuité dans la presse tessinoise, grâce à laquelle on sait que c’est Emanuele Stauffer, le candidat soutenu par le groupe socialiste, que l’institut zurichois tient pour le meilleur. Le ZHAW recommande aussi, mais «avec réserves», Moreno Capella et Antonio Perugini, deux procureurs de tendance démocrate-chrétienne. Enfin, Andrea Pagani, le candidat du PLR, est le seul postulant à avoir été jugé «non recommandable». Les libéraux-radicaux continuent de miser sur lui quand même.

Quant à la commission d’experts indépendants, qui a également interrogé les candidats ces dernières semaines, elle a retenu que c’est Antonio Perugini qui possède profil le plus adapté pour la charge de procureur général.

Toute cette affaire a suscité un torrent de critiques au Tessin. Le conseiller national Lorenzo Quadri (Lega) dénonce «un bel exemple de gaspillage d’argent public» et se demande si l’étude zurichoise n’a pas été jetée à la poubelle parce qu’elle ne recommandait pas «le bon candidat». Beaucoup regrettent plus généralement que la qualité des candidats cède le pas à l’exploitation partisane de cette élection.

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