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L’Hôpital cantonal de Bellinzone, où le jeune patient tessinois de 12 ans subira le traitement contre le cancer que sa caisse maladie a finalement accepté de payer.
© CARLO REGUZZI/Ti-Press

Santé

Au Tessin, une campagne de presse fait plier une caisse maladie

Un assureur qui rechignait à rembourser le traitement d’un jeune patient atteint d’un cancer rare fait marche arrière sous la pression de l’opinion. L’affaire a ému le Tessin

Après une semaine de campagne, une caisse maladie sous pression accepte de rembourser un traitement. Héros involontaire de cette affaire qui a suscité beaucoup d’émotion au Tessin: un patient de 12 ans souffrant d’un type de cancer rare, qui se voyait refuser la prise en charge d’une thérapie d’un coût de 3000 francs.

Ce traitement ne figurait pas sur la liste des médicaments obligatoirement couverts et n’était pas homologué par Swissmedic. Dans un tel cas, l’assureur n’est tenu de rembourser que si le critère du «bénéfice thérapeutique élevé» est satisfait. La caisse soutenait que la littérature médicale sur les intérêts du traitement pour ce type précis de cancer était insuffisante. Excédé par des mois de tractations stériles avec l’assureur, le médecin du jeune, qui n’est autre que le chef du Service d’oncologie pédiatrique de l’hôpital San Giovanni de Bellinzone, Pierluigi Brazzola, a alerté La Regione.

Dans ce quotidien, l’oncologue a fait valoir que le traitement, éprouvé ailleurs en Europe, représentait un espoir important pour son patient. A ses yeux, un «bénéfice élevé» est souvent quasi impossible à démontrer en pédiatrie, car très peu d’études sont menées. «Paradoxalement, si je proposais comme alternative une chimiothérapie à forte dose, autrement dit un traitement dangereux et beaucoup plus cher, mais avec des médicaments validés en Suisse – l’assureur l’aurait très probablement remboursé sans sourciller, déclarait encore le spécialiste. Or, nous voulons éviter ce type de thérapie parce qu’elle est très toxique à long terme et possède d’éventuels effets secondaires importants.»

Lire aussi: Des progrès disparates dans la survie au cancer

Un énorme élan de solidarité

Une fois rendue publique, cette affaire a suscité un énorme élan de solidarité. La Ligue contre le cancer a offert de payer le médicament. L’association de bienfaisance Quii da la cursa a récolté 35 000 francs pour la famille du patient. «Même si cette histoire se termine bien, ce n’est pas aux citoyens à prendre les responsabilités des caisses maladie, surtout si ce type de situation se multiplie», déclare Henrik Bang, coprésident de l’association et député socialiste, dont le parti interpellera le Conseil d’Etat pour savoir combien de cas de refus de remboursement du genre ont été recensés ces dernières années au Tessin. Socialiste également, la conseillère nationale Marina Carobbio, membre de l’association Cancer de l’enfant en Suisse, a annoncé qu’elle porterait la problématique au parlement fédéral.

Mercredi en fin de journée, le Département de la santé et des affaires sociales (DSS) informait les médias qu'«à sa connaissance, contrairement à ce qui a été dit, les tractations entre l’assurance et son client étaient toujours en cours». Il relevait aussi que, selon les informations fournies par le médecin traitant, le patient aurait droit au remboursement intégral et automatique du coût de ses médicaments. Ce revirement a été confirmé jeudi: la caisse prendra en charge les frais de thérapie de son jeune client.

Identité non révélée

La Regione, qui a joué un rôle de premier plan dans cette campagne, n’a pas révélé le nom de la caisse, que de nombreux lecteurs lui réclamaient. Le journal s’en est expliqué, en faisant valoir que cette caisse, «l’une des plus grandes», avait appliqué les normes rigides en vigueur et que l’important était de dénoncer un système accordant aux assureurs une importante zone grise, dont peuvent profiter «telle caisse aujourd’hui et telle autre demain».

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