Les Tessinois vont se battre pour obtenir l'installation sur leur territoire d'un des six centres de recrutement que le Département fédéral de la défense (DDPS) a l'intention de créer dans le cadre de la réforme Armée XXI. Le DDPS, qui a entrepris de rationaliser une procédure de recrutement aujourd'hui fortement décentralisée, a «oublié» d'accorder une place au canton du Tessin dans ce processus. Bellinzone s'en offusque.

Le ministre de la Défense, Samuel Schmid, doit rencontrer ce mardi dans le chef-lieu tessinois ou à Lugano, le conseiller d'Etat Luigi Pedrazzini, chef des affaires militaires du canton italophone. Les deux hommes débattront des répercussions de la réforme Armée XXI pour le Tessin et plus particulièrement de la question, sensible, des nouveaux centres de recrutement. «C'est une question de principe, nous revendiquons l'installation chez nous d'un tel centre, affirme Luigi Pedrazzini. Pour le Tessin, c'est une façon de montrer qu'il peut être au service des autres cantons suisses. Je vais le dire à M. Schmid.» Les centres de recrutement accueilleraient, en effet, durant trois jours, des jeunes gens venant de cantons différents.

«Intolérable»

Le conseiller national Fulvio Pelli (rad./TI) ne mâche pas ses mots: «Il serait intolérable que le Tessin n'ait pas l'un de ces centres. Nous ne pouvons pas forcer les Tessinois à se rendre au nord des Alpes pour les besoins du recrutement. Je ne vois pas pourquoi des Suisses alémaniques ne pourraient pas venir au Tessin à cette occasion, puisqu'il est question de centralisation.»

Le conseiller d'Etat Luigi Pedrazzini ajoute qu'«il est important, pour les Tessinois, de conserver un contrôle sur le recrutement des ressortissants du canton. Il en va de notre identité, de notre rapport à l'armée. Si nous ne devions pas obtenir satisfaction, nous demanderions que le DDPS fasse une exception pour nous, sous la forme d'un sous-centre ancré dans notre canton.» Le Tessin procède chaque année au recrutement de 1300 jeunes gens.

Le Conseil d'Etat tessinois a par ailleurs écrit au Conseil fédéral pour regretter que Berne n'ait pas songé au Tessin pour y implanter l'un des deux futurs tribunaux fédéraux de première instance.