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Tests sida pour requérants d'asile: tensions entre deux offices fédéraux

Thomas Zeltner, patron de l'OFSP, s'est excusé auprès de Jean-Daniel Gerber, directeur de l'ODR

Première réunion, animée, lundi après-midi: des spécialistes de l'Office fédéral des réfugiés (ODR) et de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) se sont rencontrés dans le but de régler leurs divergences sur l'épineuse question du dépistage du sida pour les requérants d'asile. C'est que le projet dévoilé le 18 janvier par Roger Staub, chef de la section sida à l'OFSP, a suscité de nombreuses réactions, pas vraiment enthousiastes. L'idée est d'introduire des tests de dépistage du sida systématiques dans cinq centres d'enregistrement; les requérants d'asile devront expressément les refuser pour ne pas y être soumis. Roger Staub n'a manifestement pas su évaluer la récupération politique d'une telle idée: le conseiller national zurichois UDC Ulrich Schlüer a aussitôt exigé de refouler sans délai tous les requérants d'asile séropositifs. Inversement, certains requérants pourraient penser qu'être infectés par le VIH leur permet justement de ne pas être refoulés.

Si l'annonce, mal préparée, a créé des tensions au sein de l'OFSP, elle a aussi mis l'ODR dans l'embarras. L'idée d'un tel test était bien «dans l'air» depuis plusieurs mois, mais l'ODR aurait souhaité être mieux informé des intentions de l'OFSP. Les tensions étaient à ce point palpables que Thomas Zeltner, patron de l'OSFP, a jugé nécessaire de lancer un coup de fil à Jean-Daniel Gerber, directeur de l'ODR, pour lui présenter des excuses. Une façon de concéder qu'il y a eu d'importants manquements au niveau de l'information entre les deux offices. La réunion de lundi et celles qui suivront sont censées réparer les pots cassés. Et, surtout, permettre d'accompagner le projet de nombreux garde-fous.