La situation se détend un peu sur le front de l'accueil des Gitans dans le canton de Vaud. La proximité d'un nouveau terrain d'hébergement à la Vue-des-Alpes et le durcissement des exigences à l'égard des gens du voyage ont contribué à éviter les problèmes de camping sauvage. Le Tribunal fédéral (TF) a par ailleurs débouté les trois communes qui contestaient la création d'aires provisoires.

«Cet été, le problème a été moins chaud», se réjouit le conseiller d'Etat Jean-Claude Mermoud, chef du Département de la sécurité et de l'environnement. Outre les deux places existantes à Rennaz et Payerne, deux terrains provisoires ont été mis à disposition: un loué par l'Etat à une entreprise au Moulin-du-Choc, près de Crissier, et l'autre Bursins, à proximité de l'autoroute. Au total, le canton peut ainsi compter sur une centaine de places.

Mais une grande partie des nomades est déjà repartie en France; d'autres se sont installés sur le terrain qui a été trouvé dans les montagnes neuchâteloises. Ces derniers jours, il n'y avait donc qu'une vingtaine de caravanes dans le canton, indique l'officier responsable de la gendarmerie, Claude Meylan. Après le stationnement sauvage et les tensions avec la population ces dernières années, la police et le groupe gitan se montrent plus stricts.

Désormais, on relève systématiquement les coordonnées des Gitans. En cas de salissures, comme cela s'est passé au bord de la Venoge, ils doivent s'acquitter de la facture et ne peuvent quitter l'endroit tant qu'elle n'est pas réglée. S'il y a un problème plus grave, une interdiction de séjour peut aussi être prononcée.

De son côté, le TF a levé un obstacle en vue de l'aménagement de trois terrains sur les communes d'Orbe, Trélex et Gingins. Les communes avaient recouru contre l'arrêté, pris en janvier par le Conseil d'Etat, en invoquant la violation de leur autonomie et la crainte de devoir prendre des mesures de maintien de l'ordre. Les juges de Mon-Repos leur ont toutefois donné tort, et déclaré les recours irrecevables.

«Cela nous permet de poursuivre la légalisation des terrains. Les communes pourront de toute façon s'exprimer s'il y a un plan d'affectation cantonal», relève Jean-Claude Mermoud. La décision n'est en outre que partielle, puisque la question de l'aménagement du territoire a été renvoyée au Tribunal administratif et qu'un recours des Gitans eux-mêmes est encore pendant.