La mise en service commerciale est programmée le 11 décembre prochain. Mais ce jeudi déjà, le président français Nicolas Sarkozy a inauguré la branche Est de la ligne ferroviaire à grande vitesse Rhin-Rhône. Ce nouveau tronçon de 140 kilomètres de voies ferrées, qui va de la périphérie de Mulhouse à celle de Dijon, en longeant l’Arc jurassien, rapproche le nord-ouest de la Suisse de Paris.

Le TGV Rhin-Rhône est la première ligne ferroviaire à grande vitesse française exclusivement provinciale, qui ne se dirige pas directement vers Paris. Son objectif est de rapprocher le sud de l’Allemagne du sud de la France. Le premier tronçon inauguré jeudi va de Villers-les-Pots, en Côte d’Or, jusqu’à Petit-Croix, dans le Territoire de Belfort. Il compte deux nouvelles gares, près de Bensançon et de Belfort, à une petite douzaine de kilomètres de la frontière suisse, à Boncourt dans le Jura.

Le président français a coupé le ruban de la nouvelle ligne en présence de la conseillère fédérale, Doris Leuthard, et de quatre ministre français, dont ceux en charge de l’écologie et des transports, Nathalie Kosciusko-Morizet, et des transports, Thierry Mariani. Le canton du Jura était aussi représenté aux festivités par deux de ses conseillers d’Etat, Elisabeth Baume-Schneider et Philippe Receveur.

Le Jura est très intéressé par l’infrastructure ferroviaire fançaise. Il axe sa politique d’image sur sa proximité à une gare TGV flambant neuve et sur le fait que désormais, Porrentruy sera la ville suisse la plus proche de Paris, à 2h40. Belfort ne sera plus qu’à 2h15 de la capitale française, Bâle à 3 heures (au lieu de 4h55) et Zurich à 3h55 (au lieu de 5h55).

Le chantier pharaonique, débuté en juillet 2006, a coûté 2,3 milliards d’euros, financés par l’Etat français, réseau ferré de France et les collectivités régionales. La Confédération a participé à hauteur de 100 millions de francs.

«La France dispose d’une des industries ferroviaires les plus performantes au monde (...) je vous confirme que nous allons investir comme jamais dans le ferroviaire», a déclaré Nicolas Sarkozy jeudi. C’est une bonne nouvelle, car le TGV Rhin-Rhône n’est pas terminé. La deuxième phase de réalisation doit connecter les 140 kilomètres mis en service à présent à Mulhouse à l’est (il reste 35 kilomètres de voie à construire) et au réseau à grande vitesse à l’ouest (15 kilomètres à réaliser).Par ailleurs, le TGV Rhin-Rhône compte deux autres branches, vers le sud entre Dijon et Lyon et à l’ouest. Le financement de ces projets est encore incertain.

La liaison ferroviaire entre la Suisse et le TGV Rhin-Rhône par le Jura n’est elle non plus pas achevée. Il faut remettre en service une vingtaine de kilomètres de ligne désaffectée en 1993 entre Delle et Belfort.Le programme a longtemps achoppé sur son financement. Jeudi à Belfort, Nicolas Sarkozy a affirmé que l’Etat français allait garantir la couverture de coûts. L’ouverture de cette liaison est prévue en 2015.