Perfectionniste

Alain Berset a eu droit à des applaudissements nourris mercredi au Conseil national. Pas parce qu’il avait développé une argumentation imparable. Mais parce qu’il avait réussi son examen de romanche. Saisissant l’occasion d’une motion sur la formation supérieure en langue et littérature romanches, il a décidé de prononcer une partie de son exposé dans cet idiome. Perfectionniste, il s’y est minutieusement préparé en travaillant la phonétique, a fait savoir sa porte-parole à la NZZ. Seul bémol: certains auditeurs ont cru reconnaître quelques tonalités espagnoles. Le Fribourgeois a encore quelques anomalies à gommer.

Egalitariste

Le Parti socialiste applique à lui-même ce qu’il exige des autres, à savoir la transparence. Lors de leur prochaine assemblée, le 23 juin, les délégués devront approuver les comptes 2011. Dans la documentation reçue, ils apprennent que leur président touche un salaire annuel de 50 000 francs et une contribution de 10 200 francs pour ses frais. Quatre vice-présidents doivent, eux, se partager 20 000 francs. Plus curieux: le président des Jeunes Socialistes est indemnisé à hauteur de 24 000 francs par an alors que les deux coprésidentes des Femmes Socialistes touchent «au total» 15 000 francs. Voilà une belle façon d’amorcer le thème de l’assemblée du 23 juin: l’égalité. Un autre principe à appliquer à soi-même.

Avant-gardiste

Pour le Conseil fédéral, l’impôt libératoire à la source est «équivalent» à l’échange automatique d’informations réclamé par la gauche. Les Verts n’ont pas l’intention de le laisser s’en tirer ainsi. Ils ont déposé un postulat qui exige un rapport présentant «l’impact de l’échange automatique d’informations sur la place financière et économique» ainsi que les scénarios possibles et les répercussions administratives et fiscales, détaille sa coprésidente Adèle Thorens. En d’autres termes, les Verts veulent obliger le Conseil fédéral à se montrer avant-gardiste, à anticiper ce qui, selon eux, finira par arriver. Mais peut-être que les scénarios exigés existent déjà sans que cela soit avoué publiquement.

Absentéiste

La gauche ne semble pas avoir le même sens de l’anticipation. Sur son site, le collectif national des forces de gauche publie ses «prises de position pour les votations fédérales du 22 juin 2012» (sic). Ceux qui attendront cette date pour exercer leurs droits civiques auront cinq jours de retard – le scrutin a lieu le 17. Ils ne seront pas comptés parmi les votants mais recensés parmi les absentéistes. Dès lors, et à toutes fins utiles, voici les mots d’ordre de la gauche: «non à 100%» à l’épargne-logement, «non à moins de ¾ des voix donc liberté de vote» pour l’initiative sur les traités internationaux et «non à 100%» aux réseaux de soins.