Abrasif

Depuis un mois, il ne se passe pratiquement pas un jour sans que le nom de Natalie Rickli apparaisse dans les médias germanophones. La raison? La conseillère nationale UDC avait osé dire qu’il y avait trop d’Allemands en Suisse. Depuis lors, certains habitants d’outre-Rhin parlent de la Suisse comme d’un provincial «Rickliland». Les agences de voyage allemandes craignent que leurs clients boudent cette destination. Partageant ces craintes, les responsables touristiques helvétiques ont invité la Zurichoise à modérer ses attaques. Il y a déjà assez de problèmes avec le franc fort sans qu’il soit nécessaire d’y ajouter des propos abrasifs, lui ont-ils poliment fait savoir.

Combatif

Le nouveau Winkelried du pays est biennois. Il se nomme Pierre-Yves Grivel. La presse bernoise l’a comparé au héros de la bataille de Sempach. Car il est le seul à avoir accepté de présenter sa candidature pour la présidence du Parti libéral-radical bernois. Ce dernier a touché le fond aux élections d’octobre 2011: il a sombré à un piteux 8,7%, le plus mauvais score de toutes les sections cantonales du PLR. Difficile, dans ces circonstances, d’éveiller des vocations. Le Romand de Bienne, âgé de 59 ans, directeur d’école, est le seul à avoir relevé ce considérable défi. En privé, Pierre-Yves Grivel est aussi amateur de hockey et de curling. Il s’y connaît donc en jeu de canne et jet de pierre. Cela lui sera sans doute utile.

Evasif

A propos de héros: recroquevillée sur le pays, ses montagnes et ses mythes, l’Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN) ne se gêne pas d’appeler les étrangers à la barre des témoins quand ça l’arrange. C’est ainsi qu’elle fait dire à des Allemands, des Espagnols, des Grecs et des Chinois sur des affiches allusives que, s’ils en avaient la possibilité, ils voteraient pour l’initiative sur l’extension du droit de référendum sur les traités internationaux. Au moins saura-t-on gré à l’ASIN, pour une fois, de faire des étrangers des héros romantiques. Natalie Rickli, elle-même membre de l’ASIN, appréciera. On relèvera encore que le site de campagne du comité d’initiative contient un onglet prétendument dénonciateur intitulé «Les démences de l’UE». Quand on clique dessus, la rubrique est… vide!

Dissuasif

La Ville de Berne aimerait tester le péage routier. Elle a présenté récemment une étude pour entourer la capitale d’une ceinture dissuasive à l’intérieur de laquelle on ne pourrait circuler que contre paiement spécifique. La conseillère nationale socialiste Evi Allemann a relayé cette proposition en demandant au Conseil fédéral de créer les bases légales pour mener des essais pilotes. Mais le feu est rouge. Le Conseil fédéral lui dit non. Il préfère réfléchir à un modèle de taxation de la mobilité routière et ferroviaire à long terme plutôt que s’aventurer sur le chemin cahoteux du péage urbain. Pour Evi Allemann, c’est ce qu’on appelle un crash politique.