Le théâtre du pouvoir

Assidu

Mathias Reynard (PS/VS) n’était pas peu fier de twitter qu’il n’avait manqué que 2% des votes durant la session parlementaire d’automne, qui s’est achevée voici une semaine. Et que c’était aussi sa moyenne pour l’ensemble de la législature, selon le site Politnetz. C’est bien. Mais on peut faire mieux. Ainsi, durant la session écoulée, Ruedi Lustenberger (PDC/LU) affiche un taux d’absentéisme exemplaire de 0%. Bon, c’est normal, c’est lui le président cette année. Mais 59 conseillers nationaux n’ont manqué que 1% des votes, ce qui est mieux que Mathias Reynard. Si l’on prend la totalité de la législature, on recense 14 élus avec un taux d’absence de 1%. Et neuf sont membres de l’UDC. Comme toute bonne statistique, ce résultat se prête à toutes sortes d’interprétations.

Abstrus

L’Initiative des Alpes a convié une jolie brochette de personnalités françaises à voir le chantier du tunnel ferroviaire du Gothard. Lors de la visite, les invités ont été ébahis d’apprendre que le calendrier était détaillé au point de prévoir que le premier train commercial traverserait la galerie longue de 57 kilomètres le 11 décembre 2016 à 6h. Un scénario aussi minutieux peut paraître abstrus à un observateur étranger. Saluant cette précision tout helvétique, un participant a glissé à son voisin: «Vous avez de la chance que ça se passe comme ça en Suisse. Chez nous, le 11 décembre à 6h, vous pouvez être sûr qu’il y aurait une grève!» Voilà qui confirme que la mise en service du futur tunnel ferroviaire reliant Saint-Jean-de-Maurienne à Suse, sur la future ligne rapide Lyon-Turin, n’est pas pour demain. Ni pour après-demain.

Exclu

Le parlement a pris congé la semaine dernière de Catherine Leutenegger, sœur d’un certain Filippo. Elle officiait au Conseil national comme huissière. A 64 ans, elle prend sa retraite. Mais elle aurait bien voulu poursuivre son activité, révèle la NZZ am Sonntag. Cela aurait été un bon moyen pour la Confédération de montrer l’exemple à la suite de l’appel lancé par Johann Schneider-Ammann après le vote du 9 février: il faut utiliser toutes les forces vives du pays, même si elles ne sont plus toutes jeunes, pour éviter de devoir importer de la main-d’œuvre. Catherine Leuten­egger a eu le soutien de Maria Bernasconi, présidente de l’Association du personnel de la Confédération (APC). Mais cela n’a pas suffi. Exclu, lui a-t-on fait savoir. La Confédération montrera l’exemple une autre fois.