Thierry Apothéloz entre à 47 ans au Conseil d’Etat genevois. Il avait échoué à franchir cet échelon cantonal en 2013. Le magistrat socialiste de Vernier, où il siège depuis quinze ans, a brisé le signe indien. Il rejoint sa collègue de parti Anne Emery-Torracinta et le Vert Antonio Hodgers. A trois, le bloc de gauche égale celui de l’Entente, qui a perdu un siège avec la chute du PDC Luc Barthassat

Le Temps: Que voulez-vous apporter dans la conception du programme de législature?

Thierry Apothéloz: J’aimerais que notre collège se demande comment il peut apporter des réponses aux questions que les gens se posent dans leur vie quotidienne. Nous devons trouver des solutions aux problèmes que rencontrent des dossiers de fond que sont l’emploi et l’aménagement du territoire. Il est également important que le service public soit en capacité de répondre aux besoins de la population, tout en restant agile. L’équilibre des blocs au sein du Conseil d’Etat répond à celui du Grand Conseil. J’espère que cette situation permettra de rédiger un programme qui enracine des décisions, non pas un texte à consulter de temps à autre.

Vous attendez-vous à une confrontation musclée entre membres du Conseil d’Etat dans les semaines qui viennent?

Oui, car les enjeux sont immenses. La capacité du collège à y répondre sera un bon critère pour juger de son intelligence. Nous venons de perdre une législature dans des conflits stériles, au Grand Conseil comme au Conseil d’Etat. Il est essentiel de ne pas reproduire cela.

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Allez-vous revendiquer un département précis?

Je vais revendiquer le fait que le Conseil d’Etat soit d’abord en capacité de construire un collège qui fonctionne, avec des membres de bonne volonté, en bonne intelligence. Ce sera la base de la rédaction d’un bon programme de législature. Ensuite seulement nous aborderons les questions de répartition des départements. Je m’opposerai à une répartition qui obéisse à une logique de convenance. Le canton a besoin de cohérence, ce Conseil d’Etat se doit de le refléter.

Cela signifie qu’il faudra briser la répartition actuelle pour en trouver une autre, non?

Oui, il faudra avoir le courage de le faire et de prendre des décisions qui ne feront pas plaisir à tout le monde.

La présence de deux femmes au gouvernement peut-elle modifier la donne?

C’est d’abord un meilleur reflet de la société genevoise. Elles amènent une sensibilité et abordent le travail sur leurs dossiers de manière différente. Cela sera très positif.

Par rapport à votre échec de 2013 (Thierry Apothéloz avait terminé à la huitième place, ndlr), qu’est-ce qui vous a mené à la victoire, cette année?

On apprend de ses échecs. En 2013, j’ai souffert d’un manque de notoriété, d’un manque de prestance sur certains dossiers. Depuis, au conseil administratif de Vernier et à la présidence de l’Association des communes genevoises, j’ai acquis cette expérience qui me faisait défaut.

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