L’objectif du PLR de devenir le deuxième parti et dépasser le PS lors des élections fédérales de cet automne est «important pour la liberté et la prospérité des habitants de notre pays», dit le président du parti Thierry Burkart, qui veut défendre les acquis libéraux.

«L’objectif du PLR de devenir le deuxième parti et dépasser le PS est «important pour la liberté et la prospérité des habitants de notre pays», a dit Thierry Burkart lors de son discours de clôture de l’assemblée des délégués du PLR à Dübendorf (ZH).

La politique idéologique du PS est selon lui déconnectée de la réalité. «Le PS veut le socialisme, et ce à l’état pur. Cette politique mène notre pays dans le mur», a déclaré le conseiller aux Etats argovien, selon la version écrite de son discours, ajoutant que la politique financière de la gauche n’est pas durable.

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Le président du PLR a aussi critiqué le Centre. Il lui reproche de trop souvent s’allier à la gauche pour être «dans l’esprit du temps», mais celui-ci peut changer rapidement, a-t-il précisé citant des exemples de cette «hypocrisie».

L’UDC, quant à elle, a une conception de la neutralité «trop rigide», estime Thierry Burkart. C’est «préjudiciable à notre politique de sécurité et à notre réputation mondiale». L’UDC «veut isoler la Suisse avec sa politique de fermeture», elle «dénonce en bloc la migration et met tous les problèmes sur le dos des étrangers. Elle dresse ainsi les gens les uns contre les autres et ne résout aucun problème».

Pour le conseiller aux Etats argovien, les recettes du PLR sont au contraire «garantes d’une Suisse respectueuse de l’être humain, d’une Suisse libre, progressiste et ouverte». Elles assurent aussi une économie saine avec suffisamment d’emplois et des assurances sociales pérennes.

Moins de bureaucratie et plus d’innovation

«Le cœur du libéralisme est la liberté», a-t-il souligné. Une politique responsable «implique également de protéger et de renforcer l’économie de marché».

C’est dans cet esprit que les délégués ont approuvé le papier de position sur l’économie présenté par la direction du parti. Le PLR suisse exige moins de bureaucratie et plus d’innovation.

Il entend combattre le manque de main-d’œuvre notamment par une plus grande numérisation. Il demande aussi un assouplissement des règles concernant le travail du soir et de nuit, l’introduction rapide d’une identité électronique pour l’administration numérique, ainsi qu’un taux de TVA unifié.

Par ailleurs, une mise en place de l’imposition individuelle et une amélioration des structures de prise en charge extra-familiale doivent permettre de mieux concilier travail et famille.

Suisse-UE: des progrès, pas d'adhésion

En politique étrangère, le PLR veut garantir l’indépendance de la Suisse. Il entend améliorer les relations avec l’Union européenne en garantissant et en élargissant la voie bilatérale. Le texte des libéraux-radicaux exclut une adhésion à l’UE ou à l’EEE.

En début d’assemblée, les délégués ont reçu les dernières nouvelles du ministre des Affaires étrangères à ce propos. Les entretiens exploratoires entre Berne et Bruxelles se trouvent dans leur dernière ligne droite, a déclaré Ignazio Cassis.

Les discussions au niveau technique avec l’UE ont bien progressé et il s’agit maintenant d’établir une base sur laquelle le Conseil fédéral pourra décider d’un nouveau mandat de négociations, a-t-il ajouté, sans préciser quand.

Selon le conseiller fédéral libéral-radical, en unifiant l’Europe, la guerre en Ukraine a relativisé d’autres problèmes, comme ceux liés à la relation entre la Suisse et l’UE. «Mais les problèmes ne sont pas résolus pour autant», a dit le Tessinois.

Mot d’ordre

A Dübendorf, les 350 délégués du PLR ont encore décidé à l’unanimité de soutenir la mise en œuvre de l’impôt minimal, prévu par l’OCDE soumise aux urnes le 18 juin. Ils ont suivi l’avis de la ministre des finances PLR Karin Keller-Sutter. Le projet prévoit un impôt minimal de 15% pour les entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse les 750 millions d’euros.