Il n’y a pas eu de suspense lors de l’élection à la présidence du groupe UDC: le grand favori, le Zougois Thomas Aeschi, s’est facilement imposé face au Bernois Werner Salzmann et succède ainsi à Adrian Amstutz. Quant au véritable outsider, le Zurichois Alfred Heer, il a renoncé jeudi soir à sa candidature. «On avait fait de moi un «candidat de combat», ce que je n’étais pas. Je suis fidèle à la ligne de l’UDC», a déclaré ce dernier.

Retour gagnant

Le vrai duel attendu n’a donc pas eu lieu. Pour Thomas Aeschi, c’est le grand retour au premier plan après sa candidature malheureuse au Conseil fédéral. En décembre 2015, il avait dû s’incliner face au Vaudois Guy Parmelin. L’Assemblée fédérale l’avait jugé trop libéral et dogmatique. Un jour, lors des travaux relatifs à la loi sur les instituts financiers, il avait déposé plus de 70 amendements avec son collègue Thomas Matter, faisant traîner les débats en longueur.

Celui que certains collègues ont surnommé «Ritaline» tant il est hyperactif s’est-il aujourd’hui assagi? Thomas Aeschi le promet: «Je vais travailler pour obtenir des majorités avec le PLR et le PDC, par exemple dans le dossier de la réforme des retraites», relève-t-il. Sur la politique étrangère en revanche, pas de consensus en vue avec les autres partis bourgeois. L’UDC combattra la contribution de 1,3 milliard de francs que le Conseil fédéral devrait en principe accorder aux pays de l’Est membres de l’UE. «Il n’y a aucune raison d’octroyer ce milliard. L’UE n’a rien offert à la Suisse en compensation», s’agace-t-il.

Les Romands mieux représentés

Bonne nouvelle pour les Romands de l’UDC: ils seront mieux représentés au sein de la direction du groupe dans la mesure où ils ont obtenu deux mandats de vice-président. Le Vaudois Michaël Buffat siégera aux côtés de la Genevoise Céline Amaudruz. «Nous voulons peser davantage sur les décisions du groupe, par exemple lors des nominations dans les commissions», note Michaël Buffat. «Mais nous n’avons aucune velléité de créer un groupe, contrairement à ce qui existe dans d’autres partis», précise-t-il. Dans l’ensemble, les Romands se sentent bien au sein de l’UDC, malgré quelques grincements de dents occasionnels. Certains d’entre eux n’ont paraît-il pas apprécié que l’UDC critique le milliard que son propre conseiller fédéral Guy Parmelin veut accorder à la candidature de Sion pour les JO de 2026.

Pour sa part, le groupe PLR a élu sans opposition le Zurichois Beat Walti à sa présidence. Il succède au Tessinois Ignazio Cassis, qui vient d’entrer au Conseil fédéral. Quant à Isabelle Moret, la Vaudoise se porte candidate à la deuxième vice-présidence du Conseil national. Elle devrait accéder au perchoir de ce dernier en 2020.