Opinion

Thomas Aeschi, UDC: «Donald Trump ne sera pas aussi dangereux qu’on le prédit»

Thomas Aeschi, conseiller national UDC/ZG, a fait une partie de ses études à Boston. Il se montre relativement confiant sur l’avenir des relations économiques entre la Suisse et les Etats-Unis mais craint l’impact d’une potentielle baisse d’impôts décidée par Donald Trump

– Vous attendiez-vous à l’élection de Donald Trump?

– Non, cette élection est une surprise pour moi. Je pensais qu’aux Etats-Unis, les sondages étaient plus fiables qu’ici, mais visiblement, ce n’est pas le cas. Comme élu du législatif d’un pays neutre, je ne me prononce pas en revanche sur l’élection elle-même: j’accepte le choix démocratique du peuple américain. Notre objectif, c’est de continuer à entretenir de bonnes relations avec les Etats-Unis.

– Pensez-vous que cette élection aura des répercussions négatives pour la Suisse?

– Je pense qu’en fin de compte, Donald Trump ne sera pas aussi dangereux pour la Suisse et pour le monde qu’on le prédit. Le rôle de l’administration qui va l’entourer sera important, de même que celui de ses conseillers; il travaillera au sein d’un système qu’il n’est pas si facile de changer. Il faut bien faire la différence entre les promesses que font les candidats durant les campagnes et ce qu’ils font réellement ensuite.

– L’accession de Donald Trump au pouvoir pourrait-elle marquer un coup d’arrêt dans les échanges entre la Suisse et les Etats-Unis?

– Sur le plan économique, son élection aura à la fois des avantages et des inconvénients. Si le traité de libre-échange transatlantique (TTIP) n’est pas conclu entre les Etats-Unis et l’Union européenne, ce peut être favorable à la Suisse. Ce partenariat met en effet la Confédération sous pression: il pourrait l’obliger à suivre un tel traité, ce qui aurait des conséquences profondes pour le secteur agricole. Désormais, cette pression diminue. Quant à l’OMC, il y a déjà des problèmes aujourd’hui, le libre-échange n’en sera ni amélioré ni davantage entravé, je n’ai pas de grandes craintes à cet égard.

– Vous semblez confiant…

– Je vois un domaine où Donald Trump pourrait apporter de profondes réformes, c’est la fiscalité. Avec un président républicain et un Congrès républicain s’ouvre une possibilité unique de diminuer les impôts: il n’y aura plus de résistances contre cette idée. Une telle politique pourrait entraîner des conséquences en Suisse si l’imposition de la taxation des bénéfices des entreprises, actuellement à 35%, diminuait: on pourrait alors voir de grandes entreprises dont les sièges sont en Suisse retourner aux Etats-Unis. Cela constitue un danger pour notre prospérité. Mais attendons de voir: Donald Trump est difficile à cerner et il n’est pas facile d’anticiper ce qu’il va faire.

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