Thomas Facchinetti était favori, il a répondu présent. Le candidat du PS, 50 ans, succède à la sortante Françoise Jeanneret, qui ne se représentait pas, au sein de l’exécutif de la Ville de Neuchâtel. Le premier délégué cantonal aux Etrangers de Suisse – c’était en 1990 – a obtenu le deuxième score de la liste socialiste derrière le sortant Olivier Arni. La journée a connu deux autres points marquants: la déroute de l’UDC, qui n’a pas obtenu le quorum de 10% pour siéger au Conseil général (parlement); un taux de participation anémique, avec seulement 29,55% soit une baisse de près de 8% par rapport à il y a quatre ans.

Tout sourire sur la terrasse du Café du Concert, le stamm du PS, Thomas Facchinetti se disait «ravi» par son élection. «Ma priorité est de m’intégrer au sein du Conseil communal. Je connais les grands enjeux de la ville, c’est un avantage.» Prudent, il évitait d’évoquer une préférence pour l’un ou l’autre dicastère. «Je peux m’imaginer reprendre le sport, la culture et le tourisme, qui étaient aux mains de Françoise Jeanneret. Mais nous allons bien sûr en discuter au sein du collège.»

Seule déception pour Thomas Facchinetti: la perte d’un des deux sièges socialistes au sein de l’exécutif de La Chaux-de-Fonds, première ville du canton. «La dynamique de ces élections communales a été influencée par la lassitude que ressentent beaucoup de citoyens par rapport à la politique menée à l’échelle du canton. Il y a sans doute un effet sanction pour le PS, qui est aux affaires au Conseil d’Etat. La participation très faible participe de cette même logique.»

Réélus sans trembler, les quatre conseillers communaux sortants insistaient sur la nécessité de poursuivre le sillon tracé lors de la présente législature. Entrée en fonction il y a six mois en remplacement de Daniel Perdrizat (Solidarités), la Verte Christine Gaillard a reçu un soutien populaire très net, avec près de 500 voix d’avance sur ses colistiers des autres partis de gauche. «Je suis très contente, car cela n’allait pas forcément de soi, confiait-elle. J’habite à Neuchâtel depuis dix ans, je ne suis pas de langue maternelle française, mais allemande. C’est la preuve que l’intégration fonctionne.»

A droite, le chef des Finances et conseiller national Alain Ribaux a été réélu avec panache, avec 2700 suffrages, soit 700 de plus que son colistier sortant Pascal Sandoz. Ce dernier, mis en cause dans la gestion controversée de la société publique de traitement de déchets Vadec SA, insistait sur le handicap d’être à la tête d’un dicastère exposé. «J’assume volontiers, malgré les difficultés. Je me réjouis surtout que le Conseil communal continue avec quatre sortants. C’est un gage d’équilibre et de cohérence politique.»

Cascade de démissions

L’attribution des 41 sièges du Conseil général a été marquée par l’échec cuisant de l’UDC, qui, avec 7,64%, n’a pas obtenu le quorum de 10% et se retrouve donc sans représentant. Une situation qui doit beaucoup aux problèmes rencontrés par le parti ces quatre dernières années, avec une cascade de démissions, dont celle, très médiatisée, de Maria Angela Guyot.

Les six sièges abandonnés par l’UDC profitent surtout au PLR, qui en obtient 15 (+4). Le PDC gagne son premier siège dans le chef-lieu à la faveur de son apparentement avec le PLR et le PBD. Au final, le bloc de droite dispose de 16 représentants. C’est un de moins que lors de la présente législature.

La progression de la gauche profite aux Verts (+1) et au POP (+1). Le PS reste stable et Solidarités perd un siège. Pour sa première apparition dans le canton, le Mouvement citoyen neuchâtelois, pendant du MCG genevois, est resté très loin du compte avec seulement 262 voix (2,64%) pour son président, Noureddine Manaï.