De 5 à 13 ans de prison ont été requis mercredi devant le Tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains, en Haute-Savoie, pour l’agression, en 2018, de cinq jeunes femmes à la sortie d’une discothèque de Genève. L’affaire avait suscité une forte émotion en Suisse.

Au cours d’un réquisitoire d’une trentaine de minutes, le procureur Etienne Moreau a reconnu que pouvait «se poser la question de savoir si l’on saura exactement ce qu’il s’est passé». «C’est un dossier de témoignages», a-t-il admis.

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Le 8 août 2018, vers 5h du matin, une altercation survenait à la sortie de l’établissement de nuit Le Petit Palace à Genève, alors que celui-ci venait de fermer. Un homme avait d’abord insulté une première femme, la traitant de «grosse», celle-ci répondant par d’autres insultes. En retour, elle recevait des coups de pied et de poing, au ventre et dans la tête.

L’individu était rejoint par quatre autres hommes, alors que quatre autres femmes assistant à la scène intervenaient en défense de la jeune femme. L’une d’elles, jetée au sol et rouée de coups, avait dû subir une opération du cerveau en urgence, son pronostic vital étant alors engagé.

«Violence inouïe»

«On parle de scène de guerre, de violence inouïe», a dénoncé le procureur. Pour lui, «le résultat des violences n’est pas contesté; il n’est pas contestable» et il explique la sévérité des réquisitions.

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Contre un homme de 22 ans, «celui sans qui rien ne serait arrivé», son copain de 24 ans, en état de récidive légale, et un troisième accusé de 22 ans, également en récidive, ont été requis 7, 9 et 13 ans de prison avec maintien en détention.

Contre un quatrième mis en cause de 25 ans, et le dernier accusé de 22 ans, en état de récidive légale, qui comparaissent tous les deux libres à l’audience, le procureur a requis 5 et 7 ans d’emprisonnement, avec mandat de dépôt, dont 2 ans de sursis probatoire pendant 18 mois.