Suisse

Thonon-Lausanne en 27 minutes à la mi-décembre

La nouvelle liaison lacustre prévoit dix-huit traversées quotidiennes

La Compagnie générale de navigation (CGN) vient de confirmer l'ouverture, le 15 décembre prochain, d'une ligne Thonon-Lausanne. La traversée assurée par Navibus durera 27 minutes. Cette navette remplacera la liaison Thonon-Nyon-Genève qui, faute de fréquentation, sera définitivement fermée le 3 novembre prochain. Pour rentabiliser ses deux Navibus, le «Genève» et le «Coppet» - fleurons de la compagnie dont la vitesse de croisière atteint les 50 km/h -, la CGN a donc revu sa copie et s'est tournée vers Lausanne.

Le potentiel du marché est en effet plus attractif puisqu'environ 5000 Chablaisiens s'en vont tous les jours travailler de l'autre côté du lac. Parmi ceux-ci, un bon millier empruntent déjà la liaison lacustre Evian-Lausanne, dont 200 Thononais qui se rendent à Evian pour prendre le bateau. «Ces personnes devraient selon toute logique basculer sur la nouvelle ligne», assure Terry Guillaume, le responsable marketing de la CGN.

D'une capacité chacune de 120 personnes, les navettes matinales devraient être vite remplies. La CGN a donc prévu 18 traversées quotidiennes (24 durant la saison estivale) avec trois départs matinaux: 6h, 7h et 8h. Les retours s'échelonneront entre 16h30 et 20h35. Coût d'un aller-retour en seconde classe: 42,60 francs (57,80 francs en première). Les abonnements mensuels et annuels, toujours en seconde classe, ont été fixés respectivement à 310 et 2790 francs (380 et 3420 francs en première).

Pour les responsables de la compagnie helvétique, nul doute que le produit va séduire en dépit d'un coût qui peut paraître élevé. «Mais nos calculs prouvent que prendre la route revient beaucoup plus cher, avance Terry Guillaume. Et il y a évidemment un gain de temps considérable par rapport à la voiture, auquel il faut ajouter le confort et une évacuation du stress que procurent les transports en bateau.»

Par la route, il faut compter environ 1h30 pour rallier les capitales chablaisiennes et vaudoises. Le Thononais déjà adepte du bateau depuis Evian économisera un quart d'heure sur le trajet Thonon-Evian et 7 minutes sur chaque traversée.

Un bémol cependant: un stationnement insuffisant aux abords directs du débarcadère de Thonon. Les usagers devront se garer en amont à quelque 400 mètres, ce qui pourrait en décourager certains. Une réflexion a donc été engagée pour une meilleure desserte du port par les bus urbains thononais.

Par ailleurs, une polémique est née au sujet de la forte pollution dégagée par les deux Navibus. Terry Guillaume se veut rassurant: «Nous avons commandé une éco-étude qui démontre qu'à partir de 13 passagers par Navibus, les émissions de CO2 par personne sont inférieures à celles émises par une voiture.» La CGN indique enfin que les Lausannois pourraient eux aussi tirer bénéfice de cette nouvelle ligne «et qu'ils vont pouvoir à nouveau se rendre au marché du jeudi de Thonon».

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