Election 

Le ticket tessinois a la cote au PLR

Les scénarios pour la succession de Didier Burkhalter planent sur l'assemblée des délégués du PLR à Granges. Le parti se prononce clairement contre la réforme Prévoyance vieillesse 2020

L'ombre de Didier Burkhalter a plané sur l'assemblée des délégués du PLR, dont le Neuchâtelois était absent samedi à Granges (SO). La présidente Petra Gössi a rendu hommage à son «engagement inlassable au service de notre pays et de nos citoyens. Il a placé la barre très haut pour son successeur». Les sections cantonales sont invitées à présenter des prétendants d'ici à la rentrée. Le comité directeur examinera les candidatures le 1er septembre, à la veille de la Journée 2017 du PLR qui aura lieu à Auvernier, là où Didier Burkhalter a grandi. Le PLR prendra congé de lui en octobre.

Grandissime favori à sa succession, le chef du groupe parlementaire Ignazio Cassis, qui n'est pas encore officiellement candidat, a ironisé samedi sur le fait qu'il était condamné à «sourire» ces trois prochains mois. En coulisses, l'aspiration du Tessin à reprendre le siège de Didier Burkhalter est largement reconnue. «Le moment est idéal, car une candidature tessinoise ne se fait pas au détriment de la Suisse romande: après le départ de Didier Burkhalter, elle aura toujours deux conseillers fédéraux», commente la conseillère aux Etats saint-galloise Karin Keller-Sutter.

Des voix UDC pour Benoît Genecand

Plusieurs observateurs libéraux-radicaux s'attendent à une double candidature tessinoise d'Ignazio Cassis et de l'ancienne conseillère nationale et conseillère d'Etat Laura Sadis. Le conseiller aux Etats Fabio Abate a annoncé vendredi qu'il ne serait pas candidat. Et une candidature du conseiller d'Etat Christian Vitta, encore trop peu connu sur la scène fédérale, paraît prématurée.

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Y aura-t-il contre le possible double ticket italophone, des rivaux romands? C'est possible. Le nom de Pierre Maudet est fréquemment évoqué. Genevois lui aussi, Benoît Genecand se lancera-t-il? «Le Conseil fédéral serait quelque chose de difficile à refuser, contrairement au Conseil d'Etat. Mais je ne suis pas sûr d'en avoir envie et ne me lancerai pas contre Pierre Maudet. Cela dit, des membres de l'UDC m'ont déjà dit qu'ils inscriraient mon nom sur leur bulletin», dit-il au Temps.

Raphaël Comte pas candidat

A Neuchâtel, Raphaël Comte, qui a présidé le Conseil des Etats en 2016, a clarifié sa situation. Dans une prise de position adressée à l'organe de son parti, dont Le Temps a pris connaissance, il écrit qu'il a «informé la présidence du PLR neuchâtelois que je n’étais pas à disposition du parti pour une candidature au Conseil fédéral. Il est bien sûr flatteur de voir son nom cité dans l’un ou l’autre journal parmi la liste des «papables». Mais après avoir succédé à Didier Burkhalter au Conseil des Etats, ma réflexion m’amène à ne pas tenter, cette fois-ci, de m’inscrire dans ses pas!»

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Il défend une candidature tessinoise et soutient l'élection d'une femme au moment du remplacement de Johann Schneider-Ammann. En revanche, le nom de Laurent Favre, conseiller d'Etat et ancien conseiller national, est évoqué dans les sections alémaniques du PLR, entend-on.

Si une candidature fribourgeoise - le canton a déjà Alain Berset -, valaisanne ou jurassienne paraît difficile, le canton de Vaud pourrait aussi être sur les rangs. Isabelle Moret a dit à plusieurs reprises, notamment dans ces colonnes, qu'elle s'accordait un délai de réflexion durant l'été avant de se déterminer. Elle l'a confirmé samedi, tout comme la conseillère d'Etat Jacqueline de Quattro, qui va elle aussi réfléchir à une possible candidature avec son parti cantonal.

«Pas ici pour parler de retraite»

Est-il envisageable de voir émerger la candidature d'un(e) jeune rompu(e) aux subtilités de l'ère numérique, comme évoqué dans Le Temps de samedi? Probablement pas à l'occasion de la succession de Didier Burkhalter. En revanche, plusieurs membres du PLR romands et alémaniques évoquent les noms des Zurichois Ruedi Noser, président du Swiss Innovation Park, qui a cependant déjà 56 ans, et du Saint-Gallois Marcel Dobler, 36 ans, cofondateur de Digitec et président d'ITCSwitzerland. On en parlera lorsque Johann Schneider-Ammann. Ce qui n'est pas pour tout de suite: «Je ne suis pas ici pour parler de retraite, mais pour défendre l'article constitutionnel sur la sécurité alimentaire, sur lequel on vote le 24 septembre», a-t-il déclaré, très en forme, aux délégués.

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Prévoyance vieillesse 2020 rejetée 

Comme prévu, les délégués du PLR rejettent massivement la Prévoyance vieillesse 2020 (PV 2020) par 256 voix contre 5 et 4 abstentions. Le parti fait bloc depuis le début contre cette réforme. Sa direction a tout mis en oeuvre pour obtenir un vote massif. La Conférence des présidents de sections a voté non par 30 voix contre aucune. Petra Gössi a tour à tour demandé aux membres de moins de 46 ans, aux femmes et aux retraités de se lever, car ils feront selon elle les frais de l'opération ou n'en tireront aucun bénéfice. «Aidez-vous à renvoyer les 70 francs de ce projet arrosoir au président du PS, Christian Levrat. Le PDC, qui a suivi le PS, ne s'est pas aperçu que celui-ci jouait un jeu stratégique», critique-t-elle.

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Ignazio Cassis s'engage avec vigueur - et en français, comme pour souligner sa latinité - contre la PV 2020. Il reconnaît la nécessité d'adapter les retraites. Il y a consensus sur plusieurs points: 65 ans pour tous, relèvement de la TVA, baisse du taux de conversion du deuxième pilier de 6,8 à 6%. Mais il y a désaccord sur les compensations.

Le PLR refuse d'augmenter les rentes AVS de 70 francs pour tous et de financer l'opération par une adaptation de 0,3% des cotisations. Alors comment? En relançant des réformes séparées de l'AVS et du deuxième pilier et par des compensations techniques au sein de ce dernier. Principalement romande, la minorité favorable à la PV 2020 est emmenée par Raphaël Comte et le conseiller national vaudois Laurent Wehrli.

Retrouver notre dossier complet sur: la succession de Didier Burkhalter.

Dossier
Succession de Didier Burkhalter: l'élection d'Ignazio Cassis au Conseil fédéral

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