«Je ne peux pas nier que le secret bancaire ait été détourné pour faciliter l’évasion fiscale», a reconnu l’ambassadeur de Suisse en Allemagne, Tim Guldimann, dans une interview accordée mardi au quotidien allemand Reinische Post .

L’ambassadeur s’est en revanche montré très critique à l’égard des arguments du ministre des Finances de Rhénanie du Nord-Westphalie, Norbert Walter-Borjans, qui refuse de renoncer à l’achat de CD de données volées. Norbert Walter-Borjans s’appuie en effet sur l’avis d’experts allemands, selon lesquels l’accord fiscal avec l’Allemagne ne proscrit que «l’achat actif» de données. En d’autres termes, estime le ministre, si ces données ne sont pas directement sollicitées, elles peuvent continuer à être achetées.

Un raisonnement balayé par Tim Guldimann: «Avez-vous déjà acheté «passivement» un petit pain chez le boulanger? Un achat est toujours actif!»

Tim Guldimann a également mis en garde contre les conséquences que ces rumeurs d’achats de données volées pourraient avoir sur l’accord avec l’Allemagne. Si une majorité des Suisses étaient en faveur de cet accord jusqu’à récemment, «je ne peux pas exclure que ce soutien diminue à cause de ces rumeurs persistantes», a-t-il déclaré.

Les faits semblent lui donner raison: à croire la NZZ, les auteurs du référendum contre les accords fiscaux avec l’Allemagne, l’Angleterre et l’Autriche – qui ont jusqu’au 27 septembre pour réunir 50 000 signatures – espèrent bien que la publicité autour des achats de données volées apporte de l’eau à leur moulin. A ce jour, ils ont déjà récolté 30 000 signatures.