Le Tribunal criminel n’a finalement rien retenu du réquisitoire du Ministère public dans l’affaire du tireur de Lancy. L’homme, qui avait fait feu sur un groupe d’adolescents en octobre 2010 et atteint la jeune Marina à la tête, a été reconnu coupable d’une tentative de meurtre, de mise en danger de la vie d’autrui et de lésions corporelles graves. Il a été condamné à une peine privative de liberté de 5 ans et demi. Le Parquet avait demandé 10 ans en qualifiant les faits de quatre tentatives d’assassinat.

La présidente Catherine Gavin a lu ce matin une brève motivation du jugement. En substance, le tribunal estime que le trentenaire avait visé le dénommé Hassan lorsqu’il a tiré une unique balle en direction de ce groupe de quatre jeunes. Lors de l’enquête, l’accusé avait déclaré avoir «voulu se faire le métis». En fait, c’est un autre garçon qu’il avait à l’esprit mais les juges soulignent que cette erreur sur la personne ne change rien à sa volonté.

Les juges ont retenu la tentative de meurtre sur cet adolescent qui a eu la joue blessée. Les conditions de l’assassinat, qui implique une absence particulière de scrupules et une grande froideur affective, ne sont pas remplies, a encore expliqué la présidente.

Pour les trois autres victimes présentes, le tribunal conclut que le tireur n’avait pas l’intention de tuer mais qu’il s’est rendu coupable de mise en danger de la vie d’autrui. Les lésions corporelles graves ont également été retenues dans le cas de Marina qui vit encore avec le projectile logé dans la tête.

Conformément aux conclusions de l’expertise psychiatrique, les juges ont estimé que la responsabilité pénale de l’intéressé était légèrement diminuée au moment des faits en raison de son intoxication aiguë à l’alcool et aux médicaments. Ce dernier a également bénéficié de la circonstance atténuante du repentir sincère pour avoir immédiatement appelé les secours en voyant la victime s’effondrer. Malgré des actes qualifiés «d’extrêmement graves» et malgré les lésions dramatiques causées à la jeune fille, les juges ont infligé une peine sensiblement inférieure à celle requise par le Parquet en raison d’une qualification juridique plus nuancée et des remords exprimés par l’auteur du crime. Ce dernier devra enfin se soigner en prison et verser des sommes allant de 15’000 à 75’000 francs à ses victimes à titre de tort moral.