L'offre touristique en Suisse devrait être davantage mise en scène, relève une étude de l'Institut de recherches pour les loisirs et le tourisme de l'Université de Berne présentée mercredi. Davantage mise en scène peut-être, mais avec un instrument permettant de cibler les clients des hôtels en moins. Car, pour des raisons budgétaires, l'Office fédéral de la statistique (OFS) a parmi d'autres mesures décidé de supprimer la statistique des nuitées hôtelières, ce qui n'a pas manqué de provoquer un tollé dans les milieux concernés. Christian Rey, président d'hotelleriesuisse, fait ainsi partie de ceux qui ont envoyé une lettre à Pascal Couchepin avec copie à Joseph Deiss pour exprimer leur courroux. Il perçoit la décision de l'OFS comme particulièrement irresponsable, ces chiffres étant très utiles pour les prévisions et les planifications à moyen et long terme, et dénonce le fait que la branche ait été mise devant le fait accompli.

Treize emplois touchés

Felix Herzig, directeur suppléant de l'OFS, a de son côté reçu une bonne trentaine de lettres de riposte. «Nous devons épargner plus de deux millions de francs dans le cadre du plan d'assainissement des finances fédérales et il est préférable de supprimer des statistiques qui ne concernent qu'un seul secteur», tente-t-il de justifier, ajoutant qu'une statistique sur les conditions de travail a elle aussi été supprimée et que le nombre de personnes interviewées passera désormais de 40 000 à 25 000. Le dernier mot sur les propositions d'économies de l'OFS reviendra au parlement mais, d'ici là, des alternatives de financement de

cette statistique – actuellement 300 000 francs sont versés par des partenaires privés et publics – sont à l'étude. «Il est vrai que nous sommes en négociation avec la Banque nationale et le Secrétariat d'Etat à l'économie, mais ne sommes pas encore parvenus à une conclusion», poursuit Felix Herzig sans pour autant remettre en question le choix de son office. Les données touchant l'hébergement ne devraient théoriquement plus être récoltées à partir du printemps 2004, mesure qui toucherait treize postes à plein temps à Neuchâtel.

Les dernières statistiques permettaient par exemple de se rendre compte que sur les 65,9 millions de nuitées en 2002, 36,3 sont le fait d'hôtes suisses et qu'entre 2001 et 2002, le nombre d'étrangers hébergés en Suisse a chuté de 8% (le chiffre est carrément de 20% pour les Japonais et de 17% pour les Américains). Des chiffres qui paraissent toujours plus riches en enseignements que le nombre de prairies artificielles ou de porcs qui peuplent le canton d'Argovie…