Leurs chances de succès sont si minces qu'on a failli les oublier: les démocrates du centre présentent un candidat à la succession de Ruth Dreifuss, portant ainsi à six le nombre de candidatures déposées dans le délai fixé à lundi. Le nombre de prétendant(e)s socialistes reste fixé à cinq: Micheline Calmy-Rey, Liliane Maury Pasquier, Ruth Lüthi, Patrizia Pesenti et Jean Studer. Celui-ci ne sera finalement pas le seul homme dans la course, car, et l'on pouvait s'en douter, le kamikaze que l'UDC lance n'est pas une femme.

Il s'agit du conseiller national Toni Bortoluzzi, 55 ans, marié et père de quatre enfants. Patron d'une petite menuiserie, descendant d'un immigré italien mais très peu à l'aise en français (Le Temps du 15 octobre), il préside la commission de sécurité sociale du National. Président de la commission de nomination du parti, l'Argovien Christian Speck dit avoir contacté «deux douzaines de candidats possibles, dans la politique et dans l'économie». Au final, et faute d'autres combattants prêts à subir un échec devant l'Assemblée fédérale, la commission s'est rabattue sur le seul Toni Bortoluzzi. Seul Romand à entrer en discussion, le conseiller d'Etat Jean-Claude Mermoud a décliné l'offre. Quant au Zurichois Bruno Zuppiger, qui aurait pu figurer au côté de Toni Bortoluzzi dans l'hypothèse d'une double candidature, son heure viendra sans doute plus tard.

Le groupe UDC fera son choix le 16 novembre à Lupfig, dans la campagne argovienne. Ce même samedi, le parti tiendra une assemblée générale consacrée à sa participation au gouvernement et à l'élection du Conseil fédéral par le peuple. La direction du parti expliquera sa stratégie. «Nous voulons un gouvernement de centre droit», s'exclame son président Ueli Maurer. L'UDC estime nécessaire d'avoir une représentation équitable de la population au gouvernement. Elle ne se satisfait pas de Samuel Schmid, qui est souvent en désaccord sur des sujets importants (asile, or de la BNS, ONU, soldats armés à l'étranger). Ueli Maurer ne se fait toutefois aucune illusion. Toni Bortoluzzi n'a aucune chance.

L'UDC veut néanmoins se profiler en vue de la grande échéance de 2003, lorsque tous les membres du gouvernement seront soumis à réélection. Sa stratégie n'est pas sans rappeler celle du PS, qui a subi six échecs entre 1934 et 1940 avant d'obtenir son premier conseiller fédéral, Ernst Nobs, en 1943.