Après avoir déjà refusé l'initiative «Toutes citoyennes, tous citoyens», les Genevois diront-ils à nouveau non le 4 mars au droit de vote et d'éligibilité à l'échelle des communes pour les étrangers établis de longue date à Genève? Nombre de ces étrangers qui vivent en Suisse depuis des lustres ne se font pas d'illusions et avouent qu'ils ne croient guère à un résultat positif dimanche prochain. Ce n'est pourtant pas l'envie de participer à la vie locale qui leur manque. Et surtout, ces étrangers qui ont beaucoup donné d'eux-mêmes à leur pays d'accueil attendent depuis de nombreuses années d'être tout simplement reconnus en obtenant le droit à l'expression politique.

Participer aux prises de décision dans leur commune de résidence est considéré par une majorité d'immigrés comme une nécessité, d'autant qu'ils habitent souvent des quartiers où ils sont plus nombreux que les habitants disposant d'un passeport suisse. Aussi ne comprennent-ils pas pourquoi une minorité décide seule alors qu'ils sont eux-mêmes directement concernés.

En offrant ou en refusant des droits politiques aux étrangers, les Genevois témoigneront de leur volonté à accepter pleinement ces communautés étrangères. Seule certitude, les étrangers sont prêts à s'investir, à franchir l'ultime pas de l'immigration: l'intégration complète. Pour nombre d'entre eux, il n'est plus question de retour, même si leur famille vit à plus de dix mille kilomètres, même s'ils doivent faire face à des sentiments de culpabilité par rapport à leurs parents laissés là-bas.

En matière d'institutions favorisant l'intégration, Genève n'est pas en avance. Un bureau spécialisé dans le domaine n'est pour l'instant qu'à l'état de projet. Le monde des étrangers recouvre pourtant dans le canton des réalités fort différentes. D'où le tour d'horizon que nous vous proposons.