Les études montrent que les chômeurs intensifient leurs recherches lorsqu’ils approchent de la fin des indemnités, a assuré Johann Schneider-Ammann (PLR/BE). «Il s’agit d’éliminer toute incitation à rester longtemps dépendant de l’assurance en réduisant les moyens», selon lui.

Cette mesure, censée rapporter 26 millions d’économies, punit les fausses personnes, a rétorqué en vain la conseillère fédérale Doris Leuthard. Les chômeurs de longue durée doivent être intégrés par le biais de mesures de soutien et non de sanctions. «Cette proposition est sous-tendue par l’idée que les chômeurs sont responsables de leur sort», a ajouté Paul Rechsteiner (PS/SG).

Le camp rose-vert a fustigé cette mesure «inique», à ses yeux. Doris Leuthard s’est elle aussi montrée sceptique. Le Conseil fédéral avait mis cette proposition en consultation mais a fait marche arrière en raison d’une levée de boucliers, a rappelé la ministre de l’économie. Les étudiants seront déjà pénalisés car ils ne devraient plus avoir droit qu’à quatre mois de chômage, au lieu d’un an. Mais ses arguments n’ont pas été entendus.

Jeunes et chômeurs sans enfants

Les conditions d’obtention des indemnités de chômage seront également durcies pour les personnes qui n’ont pas d’enfants à leur charge. Le National a repris les délais de carence prolongés introduits par le Conseil des Etats dans la 4e révision de l’assurance chômage. Il a aussi mis les étudiants au régime sec.

La prolongation des délais de carence est tombée mercredi par 116 voix contre 69. Actuellement, le droit aux indemnités commence à courir après cinq jours. A l’avenir, les chômeurs qui ne doivent pas entretenir d’enfant et qui disposent d’un revenu entre 60’001 et 90’000 francs risquent de toucher des indemnités seulement après 10 jours.

L’attente passerait à 15 jours pour un revenu jusqu’à 125’000 francs et à 20 jours pour un salaire supérieur. Les économies attendues atteignent 43 millions de francs.

La gauche s’est insurgée en vain contre cette prolongation «déplacée, injuste et contraire aux engagements internationaux». Cinq jours d’attente sont suffisamment longs, ont signalé divers orateurs. Mais la majorité bourgeoise a jugé que cette mesure est socialement supportable.

Accouchement

Le conseil a également refusé d’offrir un répit de quatorze semaines aux chômeuses qui viennent d’accoucher, comme le demandait la gauche. Elles devront continuer de se mettre à la recherche d’un emploi dès la neuvième semaine après la naissance de leur enfant. Les chômeurs dès 60 ans n’obtiendront pas non plus un assouplissement de l’obligation de rechercher un travail.

La 4e révision vise à assainir les caisses de l’assurance chômage, a rappelé la ministre de l’économie. Or, une hausse des indemnités de 10% coûterait un demi-milliard par an.